Kora 2016 : mettre vite 10 millions de Fcfa à la disposition de Awa Sissao pour une préparation sereine et une issue prometteuse de l’artiste

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Il ne sert à rien d’attendre jusqu’au 19 mars, veille du départ prévu pour le 20, pour que Awa Sissao ait finalement le cœur net et certain, qu’elle effectuera effectivement son voyage à Windhoeck, en Namibie, pour prendre part à la compétition aux Koras Awards 2016.

Dans un tel projet artistique en effet, la répétition préparatoire dans un esprit sain, serein et confiant quant aux préalables, est fondamental pour espérer ramener le succès à la maison Burkina Faso. Par préalables, il faut entendre l’éventualité du voyage lui-même et la prise en charge du séjour.

Notre pays ne manque pas du tout de talent ! Le seul problème est que nous négligeons très souvent des détails professionnels et que nous cultivons la divergence, là où l’unité nationale est plus que nécessaire ; certains se portant la question, « pourquoi ce n’est pas moi qui part au Kora ? »

Il n’est donc nullement étonnant que nos artistes reviennent souvent de ces hautes compétitions, la main vide. Il n’est donc nullement étonnant que le Burkina Faso peine à présenter des artistes de très gros calibre, si l’on veut encore, de poids lourds, imposant sur les podiums, tribunes et scènes internationales. Regardons autour de nous : la Côte d’Ivoire a ses multiples gros calibres, le Sénégal, le Mali, la Guinée, le Congo Kinshasa, etc. Tout n’est pas une question d’argent. Tout est au contraire question de mentalités, de culture de réflexion conséquentes à saisir les opportunités pour le citoyen et pour toute la nation.

Un fois sur place à Windhoeck, Sissao ne réussira pas à faire l’économie de parler de l’Insurrection populaire d’Octobre 2014 et du Putsch de septembre 2015. A ce titre, elle sera une Grande Ambassadrice, aussi bien culturelle que politique, mieux même que certains consuls invisibles et disséminé dans le monde. Qui est fou pour montrer son pays avec « la main gauche »! Je veux dire, qui est fou pour mal parler du pays de ses pères et mères et se revendiquer du patriotisme ?

Quiconque aura effectué un voyage international, sait, une fois hors du pays, que l’identité personnelle s’effondre pour donner place au nom du pays Burkina Faso, à la nationalité Burkinabè, au compatriote de Thomas Sankara ou à une toute autre célébrité du pays. C’est dire tout simplement que si le Burkinabè cultive l’attitude de torpillerie, de sorte à empêcher l’émergence de nouvelles ou hautes personnalités, de stars politiques, culturelles, artistiques, intellectuelles ou autres, il aura du mal à se voir respecter au premier contact, une fois hors du pays.

Entre nous, est-il vraiment aisé d’avoir de l’estime ou de la confiance envers un total inconnu qui n’a pas encore fait ses preuves ? Nos compatriotes qui nous ont devancés en un lieu à l’extérieur, font de nous, volontairement ou involontairement, les héritiers de l’image qu’ils ont présentées à la face du monde, audit lieu.

Il arrivera donc à certains de nos compatriotes – non sous le coup de mandat d’arrêt international -, d’être pourchassés par des gourdins et machettes sans comprendre pourquoi, en un lieu où ils viennent pourtant d’atterrir pour la toute première. Inversement, d’autres dans le même contexte, seront accueillis avec chaleur, sans qu’ils ne comprennent la raison dans un premier temps ! Je les préviens dès à présent : peut-être que Blaise Compaoré, Thomas Sankara, Titinga Pacéré, Awa Sissao ou moi-même, y avons laissé des traces négatives ou positives inoubliables.

A cause de ces marques, le jury peut être influencé pour accorder de petits bonus mérité à Sissao, comme l’Insurrection populaire. Ceux qui ont déjà enseigné, savent que l’évaluation à toujours une marge subjective, comme un 0,5 pour arrondir une note, en raison d’une charge sympathique ! Ainsi, un pays qui a déjà remporté un Kora, a encore de grandes chances pour en remporter à nouveau. C’est pourquoi, la défaite centenaire du Brésil face à l’Allemagne au Mondiale 2014, a aussi surpris le monde !

Sissao, j’espère pour toi que les sommes de plus de 10 millions, soient réunies au plus tard la semaine prochaine… Aussi, Awa, tu es tenue de donner à la nation Burkinabè, l’occasion rêvée de fêter la victoire d’une ambassadrice au Kora Awards 2016.

Vive la culture ! En avant pour la « Révolution culturelle » au Burkina ! Bénédiction à toi ma sœur!

Idrissa Diarra
Géographe & politologue
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05 mars 2016.

Bayiri.com