Kandy Guira: l’amazone burkinabè de France

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Lauréate du prix de la chanson moderne à la Semaine nationale de la culture (SNC 2008), Kandy Guira n’a d’yeux que pour la musique. Mannequin, comédienne et danseuse, Mamounata Guira à l’état civil, est une véritable touche-à-tout. Le théâtre, la couture, la coiffure sont, entre autres, les petits boulots, Mlle Guira ne recule devant aucune expérience. Aujourd’hui, elle se consacre à la musique. 

Peu connue des mélomanes burkinabè, Kandy Guira a pourtant beaucoup avec des artistes de renoms et d’horizons divers. La passion pour la musique, elle l’a depuis toute petite. Ainée d’une famille de 11 enfants, Kandy Guira quitte la Côte d’Ivoire pour le Burkina en compagnie de ses parents. 

Elle y fait ses classes dans les cabarets de la place en compagnie du groupe «Kalianga» et Abdoulaye Cissé, l’un des grands noms de la musique burkinabè. Mannequin, comédienne, danseuse, la fille d’Amadou Guira, ne jure pourtant que par la musique, au grand dam de sa mère qui estime qu’elle prend trop de liberté.  

Elle a d’ailleurs, dédié son titre «M’ba» à sa mère, celle-là même qui ne l’avait pas comprise jusque-là. Ce titre lui a d’ailleurs valu le premier prix de la SNC en 2008. 

En 2013, elle pose ses valises en France. Depuis, Kandy Guira est la voix féminine du groupe «Bal de l’Afrique Enchantée», et accompagne les grands noms de la musique africaine comme Manu Dibango, Chieck Tidiane Check, la diva Oumou Sangaré qu’elle appelle affectueusement maman. 

Ses compositions en français, en mooré ou en dioula et sa pop folk épicée évoquent son expérience, ses interrogations, les difficultés d’être une femme…Mais aussi son espoir de lendemain meilleur. 

Equiper des sourds-muets en prothèses auditives 

Grâce à la collaboration d’instrumentistes de renommée internationale, l’artiste travaille à polir l’album «Tek la runda», cette pierre qui ne demande qu’à briller. Dans cet album en cours, on y trouve un titre tel que «Comme toi», déjà disponible. «Comme toi» évoque une prise de conscience vis-à-vis  des personnes vivant avec un handicap.

Bien qu’installée en France, le cœur de cette fille de Boromo bat toujours fort pour les personnes en situation de handicap de son pays d’origine. Elle y a fondé une association qui équipe des enfants sourds et muets en prothèses auditives. Dénommée «Que du bonheur en son», cette association a pour objectif d’éduquer et de donner une seconde chance à des sourds-muets au Burkina Faso. 

L’idée de ce projet s’est construite autour de l’histoire familiale de l’artiste. En effet son frère Aziz (15 ans), avait contracté une méningite à l’âge de deux ans et est ainsi devenu sourd et muet. 

Ne souhaitant pas s’occuper seulement que du cas de son frère, Kandy Guira une fois arrivée en France, avait commencé à aider son frère et les autres élèves issus de l’Institut de jeunes sourds de Ouagadougou. C’est ainsi que depuis 2013, elle dote cette école de kits auditifs.

Modeste voire oubliée dans son pays, elle a toujours émis le vœu d’être un jour invitée officiellement à prester dans son pays. Elle n’arrive pas à admettre, qu’étant lauréate de la SNC, elle n’a jamais été invitée par son pays à prester dans de grandes manifestations à l’image du Fespaco et du Siao.

© Fasozine N° 74-Mars-Avril 2018

 

Source : Fasozine.com

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