Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

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Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

Deux décennies après la première édition à Léo en 1993, la Journée nationale du Paysan a bien grandi mais les recommandations formulées par les acteurs à l’issue du traditionnel entretien direct entre le Chef de l’Etat et les producteurs demeurent presque les mêmes. En 2016, à Tenkodogo, les acteurs avaient une nouvelle fois fait des propositions et pris des engagements afin d’accompagner les producteurs dans la réalisation des objectifs de production. Quels sont ces recommandations et leur état de leur mise en œuvre ? Dans le présent article, nous vous proposons un échantillon de ces recommandations et engagements par sous-secteurs.

Pour ce qui est de la création d’une « véritable » banque agricole, le rapport de synthèse révèle que l’étude de faisabilité est en cours et que la table ronde des actionnaires a eu lieu le 05 avril 2017 avec une confirmation des prises de participation au capital de 15 milliards de FCFA. « Le capital, précise le rapport, devrait être intégralement libéré au plus tard le 30 mai 2017 pour permettre la tenue de l’Assemblée générale constitutive indispensable à la finalisation du dossier de demande d’agrément. La transmission du dossier de demande d’agrément à la Commission Bancaire de la BCEAO devrait intervenir au cours du mois de juin 2017 en vue de son inscription à l’ordre du jour de la 2ème session de la Commission Bancaire prévue pour se tenir au plus tard fin juin 2017 ».

Aussi, une étude de faisabilité pour la mise en place d’un Fonds de Développement Agricole (FDA) a été commanditée par le ministère en charge de l’Agriculture afin de faciliter l’accès des acteurs du monde rural à la microfinance. « Ce Fonds, précise le document viendra, en complément de la Banque agricole en vue d’une large couverture des besoins financiers des acteurs du monde rural ».

Pour ce qui est du sous-secteur de l’élevage, l’une des principales recommandations est le renforcement du fonds du FODEL à 5 milliards afin d’améliorer ses capacités de financement des jeunes. Selon le rapport, à l’étape actuelle des choses, un projet pour l’Amélioration des financements du FODEL (PAFiM/FODEL) d’un montant de 10 milliards a été élaboré et soumis à la Banque islamique de développement, et un document de plaidoyer a été élaboré dans le cadre de la recherche d’un appui financier auprès des institutions nationales et des partenaires financiers extérieurs.

Dans le sous-secteur environnement, même si le fonds d’appui au développement de l’économie verte n’a pas été créé et qu’il n’y a pas eu de subventions pour les équipements de transformation des produits forestiers non ligneux, « de nombreuses unités de transformation ont été rendues opérationnelles à travers des formations ciblées et des appuis en kits de matériel ». Ainsi, il y a l’opérationnalisation de :
• 03 unités d’extraction de beurre de karité à travers la formation à l’utilisation de la baratte, de la décortiqueuse manuelle, du torréfacteur et du séchoir solaire ;
• 05 unités de fabrication de soumbala à travers la formation à l’utilisation et à l’entretien des séchoirs solaires dans le Centre sud ;
• 09 unités de fabrication de soumbala à travers la formation à l’utilisation et à l’entretien des séchoirs solaires tunnel, les appuis-conseils sur les équipements, les techniques de transformation et de commercialisation.

Dans le sous-secteur eau et assainissement, des dispositions devaient être prises pour mobiliser suffisamment de ressources pour finir les travaux d’aménagement du barrage de Samandéni dont la mise à eau est prévue pour le mois de juin 2017. Selon le rapport, « en 2016 le gouvernement a accordé une rallonge budgétaire pour dédommager les populations afin de permettre la finalisation des ouvrages. Les efforts consentis par l’Etat et l’ensemble des acteurs pour la résolution des difficultés liées à la mise en œuvre du PGES et l’achèvement des travaux ont permis d’instaurer et d’animer un dialogue permanent avec les populations et de mobiliser les ressources financières nécessaires ».

Enfin dans le sous-secteur du commerce de l’industrie et de l’artisanat, la mise en service de l’usine de transformation des produits maraichers de Loumbila tenait à cœur aux acteurs et le gouvernement a nommé un administrateur provisoire « pour prendre en charge le dossier et créer les conditions de relance du la société ».

Pour les acteurs, le bilan des recommandations et engagements est satisfaisant « au regard de la situation socio-politique et sécuritaire difficile ». En attendant l’ouverture, samedi, du face-à-face entre le Chef de l’Etat et les producteurs, Kaya est prête à relever les défis.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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