Journée mondiale de la population

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Aujourd’hui, 11 juillet 2018, est la journée mondiale de la population. Dans cette déclaration, Madame le ministre de l’Economie, des Finances et du développement rappelle la nécessité d’adopter les méthodes contraceptives pour faire de la planification familiale une réalité pour accélérer la transition démographique et un développement. 
Chaque année, le 11 juillet, marque la commémoration de la Journée mondiale de la population. C’est l’occasion de rappeler l’importance de la prise en compte des questions de population dans les priorités de développement en vue de l’atteinte d’une croissance économique inclusive et d’un développement humain durable. 
Ce 11 juillet 2018, la communauté internationale, célèbre la 28e Journée Mondiale de la Population sous le thème : «la  Planification familiale est un droit humain». 
Au Burkina Faso, cette journée sera couplée au lancement de la feuille de route de l’Union Africaine sur le dividende démographique autour du thème national « dividende démographique au Burkina Faso : faire de la planification familiale une réalité pour accélérer la transition démographique ».
En choisissant de se pencher sur la problématique de la planification familiale en lien avec l’accélération de la croissance économique et le développement humain, décideurs et acteurs nationaux voudraient attirer l’attention des citoyens sur la nécessité de promouvoir la planification familiale pour réaliser le dividende démographique et le développement durable. En effet, il existe une corrélation entre population, développement et droit à la santé, notamment la santé sexuelle et reproductive. Un  droit reconnu et  adopté par les 179 Etats dont le Burkina Faso, lors de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement, tenue au Caire en 1994 et réaffirmé dans la Résolution 65/234 adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2011.
La planification familiale constitue l’un des moyens les plus efficaces pour déterminer la taille d’une famille, car l’utilisation des méthodes contraceptives modernes permet d’espacer les naissances et de déterminer le nombre d’enfants désirés. 
Elle est aussi un moyen pour réduire la mortalité maternelle et infantile ainsi que les invalidités liées à la grossesse et à l’accouchement. Au regard des bienfaits de la planification familiale pour les enfants, les femmes et la communauté, nous devrions faire en sorte que ce droit humain soit non seulement connu, mais effectif au Burkina Faso.
Les statistiques indiquent que, de nos jours,  près de 700 millions de femmes et d’adolescentes des pays en développement utilisent des contraceptifs modernes. Une heureuse première mondiale qui montre que  des progrès significatifs ont été réalisés, même si  plus de 214 millions de femmes des pays en voie de développement n’ont toujours pas accès aux méthodes contraceptives modernes (UNFPA, 2018).
Au Burkina Faso, moins d’une femme sur quatre soit 22,5% des femmes en couple, utilise une méthode de contraception moderne. Cependant, environ une femme en couple sur cinq (19,4%) soit 626 391 femmes ont un besoin en produit contraceptif  non satisfait. L’utilisation de contraceptifs modernes a presque doublé au Burkina Faso, passant de 13,8% en 2003 à 22,5% en 2015. 
Toutefois, les efforts doivent être intensifiés afin que  toutes les femmes puissent jouir du droit de décider de la fréquence et du nombre de grossesses à avoir. Cette faible utilisation des méthodes contraceptives pourrait s’expliquer par le poids des pesanteurs socioculturelles et la faible accessibilité des populations aux services et méthodes de planification familiale.
Le thème national de la JMP 2018, est en  parfaite cohérence avec les  objectifs de l’agenda 2063, la feuille de route de l’Union africaine sur le dividende démographique et le Plan national de développement économique et social (PNDES). En vue de réaliser les objectifs de l’agenda 2063 «l’Afrique que nous voulons», les Chefs  d’Etats et de Gouvernement d’Afrique ont adopté en janvier 2017, la feuille de route de l’Union Africaine sur le dividende démographique et ont invité les pays à s’inspirer des mesures et actions de  cette feuille de route pour permettre à l’Afrique de tirer profit  du dividende démographique.
Le PNDES qui ambitionne de réaliser une croissance économique soutenue et inclusive à travers une transformation de la structure par âge de la population  incarne également cette vision. 
Au-delà d’une simple profession de foi, plusieurs actions ont été entreprises, notamment la mise en œuvre du plan national d’accélération de la planification familiale et l’opérationnalisation de l’observatoire national du dividende démographique pour permettre au Burkina Faso d’être au rendez-vous du dividende démographique.
J’invite donc les populations des villes et des  campagnes à prendre une part active dans les activités commémoratives de la journée mondiale de la population. Aussi, je formule le vœu que les actions et les réflexions menées dans le cadre de la commémoration contribuent à consolider les sillons déjà tracés vers l’atteinte de nos objectifs en matière de maîtrise de la croissance démographique, de la capture du dividende démographique et d’amélioration de la qualité de vie des populations.
Bonne célébration du 11 juillet 2018 !
                                                                             Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI
Officier de l’Ordre National

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