Journée internationale pour la prévention des catastrophes : Le message du ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille

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Journée internationale pour la prévention des catastrophes : Le message du ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille

Chers compatriotes,

Les catastrophes et crises humanitaires pèsent très lourdement sur le développement économique de nos nations : selon les estimations les plus modestes, leur coût annuel se situe entre 250 et 300 milliards de dollars. Ces chiffres masquent pourtant des incidences beaucoup plus lourdes pour les pays à faible revenu, dont les pertes annuelles imputables aux catastrophes représentent 22% des dépenses sociales. Ces coûts connaissent une progression rapide du fait que les risques de catastrophe ne sont pas inclus dans les investissements économiques, sociaux et environnementaux et en raison des changements climatiques.

Depuis 2015, la Communauté internationale à travers l’adoption du Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030), entend impulser cette dynamique de changement en proposant une transition pratique et tangible entre les intérêts du développement et ceux des organisations humanitaires. Ce cadre est aussi un important point de ralliement pour les gouvernements et les principales parties prenantes, y compris la société civile et le secteur privé.

Notre pays, tout en s’alignant sur les objectifs mondiaux en matière de Réduction des Risques de Catastrophes, s’est résolument engagé depuis 2015 dans les actions de réduction des risques de catastrophes à travers l’adoption le 9 novembre 2015 en Conseil des Ministres du Plan d’action national pour le renforcement des capacités pour la réduction et la préparation à la réponse aux urgences au Burkina Faso (2016-2020).Ce plan d’action communément appelé Plan CADRI (Capacity for Disaster Reduction Initiative)s’aligne au cadre d’action de Sendai. Le coût de sa mise en œuvre est estimé à cent soixante-quinze milliards cinq cent soixante-dix-sept millions sept cent cinquante-deux mille cent dix-huit francs (175 577 752 118 F) CFA. Son objectif est de parvenir à une réduction substantielle des pertes et des risques liés aux catastrophes en termes de vies humaines, d’atteintes aux moyens de subsistance, à la santé des personnes et des animaux, aux biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux.

En 2016, le Bureau des Nations Unies pour la Réduction des Risques de Catastrophes (UNISDR) a lancé la « campagne Sendai-Sept » pour promouvoir chacun des sept objectifs du Cadre d’Action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes et ce, sur sept ans.

Cette année, l’accent est mis sur la prévention, la protection et la réduction du nombre de personnes touchées par les catastrophes pour l’atteinte de l’objectif 2 qui est de « Réduire nettement, d’ici à 2030, le nombre de personnes touchées par des catastrophes, partout dans le monde, de sorte que le taux moyen mondial pour 100 000 habitants pendant la décennie 2020-2030 soit inférieur au taux enregistré pendant la période 2005-2015 ».

Depuis 2016, de nombreuses actions ont été engagées par notre pays pour répondre aux défis de la Réduction des Risques de Catastrophes. Parmi ces actions, figure l’adoption du programme de Réduction des Risques de Catastrophes 2017 avec un budget de vingt et un milliards quatre cent quarante-neuf millions cinq cent soixante-huit mille huit cent quarante-sept francs (21 449 568 847 F) CFA soit 12% du coût global du Plan CADRI. Quinze (15) structures se sont investies dans la mobilisation intégrale u budget et dans la mise en œuvre des actions. Il s’agit des ministères sectoriels du CONASUR, de la Croix Rouge Burkinabè, des ONG nationales et internationales intervenant dans l’humanitaire. Ce programme vise entre autres à réduire le nombre de décès lié aux catastrophes et le nombre de personnes touchées par les catastrophes.

Les actions déjà engagées par le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) et l’ensemble des acteurs humanitaires donnent l’espoir de lendemains meilleurs. En effet de 2016 à 2017, le nombre de personnes touchées par les catastrophes et crises humanitaires a connu une baisse significative. De soixante-trois mille cinq (63 005) personnes sinistrées en fin septembre 2016, les données du Secrétariat Permanent du Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation donnent un total de vingt mille six cent quarante-sept (20 647) personnes sinistrées à la même période de cette année. Certes, la baisse de ces chiffres traduit l’engagement des acteurs à faire de la Réduction des Risques de Catastrophes une réalité au Burkina Faso ; cependant, l’arbre ne devrait pas cacher la forêt.

En effet, l’accent doit être davantage mis sur la prévention et la préparation en intégrant en priorité le renforcement des capacités de tous les acteurs au niveau de l’administration publique, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile et des populations en général tant au niveau local que national.

Cette année 2017, le thème de la Journée Internationale de la Prévention des Catastrophes (JIPC) est :« Jamais aussi bien que chez soi : Réduire l’exposition aux risques et les déplacements forcés ».Ce thème est une opportunité pour le Burkina Faso d’approfondir la réflexion sur les voies et moyens de réduire considérablement le nombre de personnes touchées par les catastrophes.

En cette occasion de commémoration de la JIPC, je tiens à traduire au nom du Gouvernement et à mon nom personnel toute ma compassion à l’endroit des familles endeuillées suite aux catastrophes naturelles, anthropiques et crises intercommunautaires enregistrées au cours de cette année 2017.

C’est l’occasion pour moi d’interpeller chaque citoyen burkinabè à une prise de conscience accrue quant aux mesures individuelles à entreprendre pour que nos maisons, nos familles et nos cadres de vie soient des lieux sûrs face aux catastrophes qui, de plus en plus, compromettent le bien-être des familles et de toute la société.
J’invite également les autorités des collectivités locales à mettre l’accent sur les mesures et pratiques efficaces pour la réduction de l’exposition des communautés aux risques de catastrophe et une meilleure protection des foyers et moyens de subsistance. Cela ne pourra se faire que dans le respect strict des lois et réglementations en vigueur.

Je réitère au nom du gouvernement du Burkina Faso tous mes remerciements au Système des Nations Unies et aux partenaires humanitaires pour leur accompagnement au quotidien aux efforts de notre pays en matière de réduction des risques de catastrophes. Cette journée m’offre l’opportunité de renouveler l’engagement du Burkina Faso à œuvrer pour l’atteinte des objectifs du plan CADRI en particulier et du Cadre d’action de Sendai en général. Dans cette perspective, je lance un appel aux partenaires humanitaires nationaux et internationaux, à accroitre davantage leur accompagnement au Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation qui est la plateforme nationale de prévention et de gestion des catastrophes et crises humanitaires.

En cette Journée internationale de la prévention des catastrophes, prenons la ferme résolution et l’engagement de faire en sorte que toutes nos résidences, tous nos lieux d’habitation et tous nos lieux de travail soient des lieux sûrs pour contribuer ainsi au bien-être général et au développement durable de notre chère partie, le Burkina Faso.

Je vous remercie !

Lefaso.net