Journée internationale de l’alphabétisation : Pour une meilleure promotion des langues nationales au Burkina

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Journée internationale de l’alphabétisation : Pour une meilleure promotion des langues nationales au Burkina

La Journée internationale de l’alphabétisation a été célébrée en différé ce 6 décembre 2019 au Burkina. Cette année, le thème retenu est « Alphabétisation et multilinguisme », pour souligner l’engagement des acteurs à mettre au centre de leurs actions la promotion des langues nationales et l’amélioration des taux d’alphabétisation par ces langues.

Après quatre années de suspension, la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation reprend au Burkina Faso en 2019. En cette « année internationale des langues autochtones », la promotion des langues nationales est au cœur de ce nouveau départ. Dès lors, il s’agit de réfléchir à comment faire de l’alphabétisation un facteur de promotion des langues nationales.


En plus de donner le statut valorisant à 59 langues nationales au Burkina, il s’agit d’œuvrer à l’amélioration des taux d’alphabétisation. Et cela passe par la description des différentes langues. Selon Kirassai Zio, directeur général de l’éducation non-formelle, il s’agit de « les décrire toutes et de les utiliser dans toutes les sphères de la vie active ». « Ce n’est pas fermé qu’un jour, nos langues nationales aillent vers l’officialisation pour leur donner plus de valeur. L’officialisation va leur permettre d’être utilisées dans le système éducatif, dans l’administration, dans un certain nombre de secteurs comme la justice », renchérit Adama Bologo, directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale.


Des chiffres…

En 2014, au Burkina Faso, 65,5% de la population était analphabète avec 51,2% d’enfants et d’adolescents hors-école, soit 2 634 300 enfants et adolescents. Ainsi, le taux d’alphabétisation se situe à 34,5%. « Pourtant, si nous voulons atteindre un décollage économique, il va falloir atteindre au moins 40% de taux d’alphabétisation », insiste Kirassai Zio.


Pour cela, il préconise la disponibilisation de l’offre d’alphabétisation, « car de nos jours, nous n’arrivons toujours pas à couvrir la demande en éducation formelle et en alphabétisation ».


Le PAFAJA pour améliorer l’offre d’alphabétisation

Parmi les initiatives allant dans ce sens figure le Programme d’alphabétisation, formation des adolescents, jeunes et adultes (PAFAJA) mis en selle à l’occasion de cette célébration. Avec pour mission d’améliorer les indicateurs en matière d’alphabétisation, ce programme comprend deux composantes : une première axée sur l’alphabétisation et la formation des jeunes et adultes et un autre pool consacré aux adolescents. Prévu sur les années 2019 à 2024, il devra voir l’ouverture de 1 000 centres d’éducation de base non-formelle et 30 000 autres CPAF. 30 000 adolescents et 900 000 adultes devraient y être inscrits. L’autre pan de ce programme sera de renforcer les capacités des alphabétisés dans leurs domaines d’activités économiques et leur participation active au développement de leurs communautés.


La célébration a été ponctuée d’une visite de stands où des documents didactiques rédigés dans les langues nationales étaient exposés et une remise de chèques d’acquisition de matières d’œuvre aux maires des communes de Kourinion, Léo, Titao et Madouba.

Mariam Ouédraogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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