Journée de l’enfant africain : Marcher pour mettre fin aux « vols d’enfance »

16

Save the children International a célébré « sportivement » à travers un cross, le vendredi 16 juin 2017, à Dori dans le Sahel, la Journée de l’enfant africain. A l’occasion, l’ONG a lancé son rapport 2017 sur les « Enfances volées » dans le monde.
Les tout-petits de Dori, dans le Sahel, ont, à l’unisson, parcouru près d’un ½ km, du haut-commissariat du Séno, à l’avenue Hama Arba Diallo, pour dénoncer les pires formes d’abus qui les privent d’une enfance pleine et épanouie. Mobilisés par l’ONG Save the children International, ils ont, à travers un cross, célébrer la Journée de l’enfant africain, le vendredi 16 juin 2017. Avec à leur tête, la présidente du parlement des enfants de Dori, Samira Dicko, les enfants ont laissé entendre que chaque année, 700 millions d’entre eux sont battus, maltraités, déscolarisés, mariés précocement…à travers le monde. C’est pourquoi, Mlle Dicko a demandé « plus de justice » dans la façon dont ses camarades et elle sont traitées. « Chaque enfant a le droit à la vie, à la protection, à la santé…Nous avons tous des rêves, être des champions de demain, devenir des femmes et des hommes de demain », a-t-elle déclaré. Mais pour y parvenir, Samira Dicko a estimé qu’il faut leur permettre de passer par toutes les étapes de la vie, c’est-à-dire l’enfance, l’adolescence et la phase adulte. Selon elle, cette marche vise à hâter le pas pour une promotion effective des droits de l’enfant au ‘’pays des Hommes intègres’’. En tous cas, ils peuvent compter sur Save the children International, qui dans un rapport intitulé : « Enfances volées », a révélé que des millions de tout-petits sortent « de l’enfance trop tôt » pour faire face aux réalités de la vie, soit par des conflits, des déplacements, des mariages et des grossesses précoces, des abandons scolaires, etc.  Dans ce rapport mondial, le Burkina Faso est placé 165e pays sur 172.  Ce rang, aux dires de la directrice- pays de l’ONG, Emilie Fernandes, se justifie par les taux élevés de mariage et de déscolarisation des enfants. « Le mariage précoce est l’une des pires formes d’abus contre les enfants, qui nuit aux études des filles et les soumet souvent à des conséquences néfastes pour leur santé », a-t-elle expliqué. A en croire, Emelie Fernandes, ce document vise à interpeller tous les dirigeants, afin qu’ils puissent accorder plus de valeurs aux enfants et à leur droit.
Combattre les facteurs de privation de l’enfance
A l’endroit de l’exécutif burkinabè, Save the children a conseillé d’investir dans les enfants dans le but d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), en leur assurant un accès à des services sociaux de base. « Nous encourageons le gouvernement à poursuivre son engagement, pour garantir la gratuité des soins de santé au profit des enfants, les femmes enceintes et allaitantes, pour qu’aucun enfant ne meure pour causes évitables comme le paludisme, la malnutrition », a affirmé la directrice-pays. Elle a invité les autorités à  lutter contre les facteurs de privations de l’enfance, surtout les mariages et grossesses précoces et la déscolarisation des enfants. Save the children a exhorté tous les ministères à s’engager en concert, à assurer une protection intégrée de l’enfant. Dans son combat, l’ONG bénéficie de l’accompagnement du rappeur, Smarty, ambassadeur de sa campagne « aucun enfant oublié ». L’artiste entend mettre à profit ses concerts et ses chansons, pour sensibiliser la population afin qu’elle prenne à bras-le-corps les problèmes que vivent ses filleuls. « Aujourd’hui, beaucoup d’enfants sont utilisés très tôt dans des métiers qui demandent la force physique, ils n‘ont pas le temps pour eux-mêmes. Nous devons veiller à ce que chaque enfant puisse jouir et vivre pleinement son enfance », a soutenu Smarty. Pour lui, être ambassadeur de la cause des enfants, c’est quelque chose de noble qu’il porte avec bon cœur et gaîté.   
Djakaridia SIRIBIE

sidwaya.bf