Journaliste brutalisé à la JNP: ce qui s’est passé

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A l’occasion de la 20è édition de la Journée nationale du paysan (JNP) tenue du 11 au 13 mai 2017 à Kaya, il s’est produit un incident entre un agent de la gendarmerie nationale et un journaliste. Incident que le chef de l’Etat, Roch Marc Kaboré a déploré et invité les agents des forces de sécurité et de défense au respect des citoyens.

La scène s’est produite pendant que les journalistes et officiels s’apprêtaient à accueillir le chef de l’Etat. Les journalistes présents pour la couverture de l’événement ont royalement été oubliés dans le dispositif d’accueil qui n’avait pas prévu de chaises pour eux. C’est alors que le président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), Guezouma Sanogo, est allé en chercher une pour s’asseoir sous la tente réservée aux hommes des médias mais qui était occupée par d’autres invités. A son retour, Il est freiné net par un gendarme qui lui en interdit l’accès.

Guezouma Sanogo insiste et se fraye un chemin pour aller s’assoir sous la tente. Quelque instants plus tard, Il est soulevé et jeté hors de la tente par l’agent en question.  C’est alors que les journalistes qui étaient eux-mêmes assis à même le sol, ont cherché à comprendre ce qui s’est passé. Sans réponses convaincantes, les journalistes conduisent d’abord le confrère vers les sapeurs-pompiers pour les soins avant de décider du boycott de l’activité.

La hiérarchie militaire vient alors aux nouvelles, s’excuse et demande aux journalistes de reprendre leur travail au nom des paysans pour lesquels ils sont là. Après les premiers soins, Guezouma Sanogo lui-même vient calmer le courroux de ses confrères. «Nous sommes là pour les paysans ce matin et je vous demande de travailler pour les paysans. C’est un monde que nous devons respecter. La violence policière est quotidienne au Burkina. Ils brutalisent nos parents dans les campagnes mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler».

C’est après ces mots du président de l’AJB que les journalistes acceptent de poursuivre le travail sous réserve que les responsabilités soient situées à la fin de la cérémonie. A la fin de la cérémonie, avant même de répondre aux questions des journalistes, le président du Faso, Rock Marc Kaboré présente d’abord ses excuses avant d’indiquer que cela ne se répétera plus jamais au Burkina. «Je voudrais solennellement dire que je regrette sincèrement ce qui s’est passé et dire qu’il n’est pas normal que de telles choses se passent à notre époque. Je présente mes vœux de prompt rétablissement à M. Sanogo pour ses blessures. J’ai toujours dis et répéter que la sécurité doit d’abord respecter les individus. Et même si nous assurons la sécurité, nous devons toujours garder le sang froid pour éviter de tels dérapages qui dénaturent notre démocratie», a martelé le chef de l’Etat.

Fasozine