JNP 2017 : les réactions de quelques producteurs

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Après les échanges directs avec le président du Faso, certains producteurs se sont prononcés sur le déroulement et le contenu de l’évènement.

1- Abdoulaye Ouédraogo, coordonnateur de l’ONG APIL : « Je suis très satisfait de cette XXe JNP »

Je suis très satisfait de cette XXe Journée nationale des paysans et surtout des conclusions auxquelles les échanges avec le président du Faso sont parvenues. En vingt ans, je vois que la JNP est devenue majeure avec des acteurs qui revendiquent des responsabilités quant à l’animation de ce cadre. La rencontre avec le Président du Faso fut un moment important ayant permis aux acteurs de prendre d’importantes décisions dont la création d’un secrétariat permanent, l’organisation de façon biennale de ces journées, et la responsabilisation des acteurs qui devront désormais assurer l’organisation de ces journées. Je suis plus satisfait d’autant plus que ces décisions ont été prises par les acteurs eux-mêmes.

2- Fatimata Diallo, productrice région de l’Est : « La filière lait () a été oubliée »

Je ne suis pas satisfaite des conclusions de cette rencontre avec le chef de l’Etat. Pour cause, la filière lait en l’occurrence les mini-laiteries ont été oubliées. Bien que j’aie reçu une distinction honorifique, que pourrais-je apporter comme bonne nouvelles aux acteurs qui n’ont pas pu effectuer le déplacement ? Mon cri du cœur est que ces petites unités de transformation soit considérées et soutenues parce qu’elles contribuent énormément à l’économie locale. Quant à la tenue des JNP tous les deux ans, j’estime que c’est trop long. Pourquoi attendre deux ans avant de se concerter sur des engagements non tenus. La tenue de façon annuelle permet de garder les problèmes en vue et de les résoudre à temps.

3- Aoua Yigo/Coulibaly, transformatrice, région des Cascades : «Les décisions prises vont améliorer la JNP»

Au sortir de cette rencontre avec le chef de l’Etat, j’ai un sentiment de satisfaction. Satisfaction pour les importantes décisions prises qui permettront d’améliorer ce cadre de concertation et d’améliorer considérablement les conditions de vie et de travail des paysans. Pour cette année, les JNP se sont en réalité tenues en deux jours contrairement aux éditions passées. Toute chose qui nous a permis de gagner en temps et d’économiser de l’argent.

4- Idrissa Tall de la région des Cascades : « Nous avons communiqué librement avec le président »

Nous avons analysé ce qui a marché et ce qui ne l’a pas été. C’était très intéressant car les producteurs de toutes les régions étaient représentés et ont eu la liberté de communiquer avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Cependant, l’organisation de l’évènement a péché dans certains domaines. Ce n’est qu’un jour avant la manifestation que nous avons reçu le pagne de la JNP ; c’était donc difficile de le coudre. Il y a aussi le fait qu’on refuse l’accès de la salle à ceux qui n’ont pas de carte d’invitation alors qu’ils voulaient participer aux échanges avec le président».

5- Boubacard Dicko, région du Sahel : « Le gouvernement a assuré que nous aurons des forages »

Pour ce qui est de notre région nous avons véritablement besoin d’eau et le gouvernement nous a rassurés qu’il y aura des forages qui seront réalisés bientôt ; c’est vraiment la bienvenue ».

6- Noélie Tiendrebéogo de la région du Centre : «Les producteurs des six communes rurales sont sans soutien »

Ma préoccupation n’a pas été prise en compte ; mais je pense qu’elle n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Je demande qu’on revoie le problème de la région du Centre parce que beaucoup de producteurs sont présents dans les six communes rurales, mais sans soutien. À cause de Ouagadougou qui est la capitale, les projets et programmes n’interviennent pas au niveau du Centre. Sauf quelques projets de l’Etat. Mais comme les programmes de l’Etat sont nationaux, la répartition est difficile. Ce qui arrive, c’est maigre alors que les autres régions en dehors de ces projets, ont d’autres partenaires qui les soutiennent ».

7- Emmanuel Ouango de la région de l’Est : « Certaines réponses ont prouvé que les autorités veulent nous soutenir »

J’ai vu que beaucoup de questions étaient hors sujet, mais c’était bien, car nous avons posé ces questions pour savoir si réellement le gouvernement est derrière les producteurs. Mais certaines réponses ont prouvé que les autorités veulent nous soutenir».

8- Parfait Somda du Sud-Ouest : « Doter les producteurs de charrues et de semences »
J’ai constaté que le gouvernement a pris encore plus d’engagements pour appuyer les producteurs et cela me va tout droit au cœur et j’espère qu’il respectera son engagement pour améliorer ce qui est déjà fait. Mais j’appelle le gouvernement à mettre un accent particulier sur la dotation des producteurs de charrues et de semences améliorées.

9- Babou Nagalo de la région du Centre-ouest : « Les paysans doivent contribuer financièrement »

Je suis un peu inquiet de l’avenir de notre agriculture du moment où nos autorités bougent les problèmes. Le thème cette année c’est « Bilan et perspectives ».Dans une entreprise on ne travaille pas 20 ans avant de faire un bilan. Est-ce que nous producteurs, sommes réellement engagés à prendre en charge l’organisation de cette journée ? Parce que si tu veux être autonome, il faut définir sur quel plan tu veux l’être. Si nous voulons prendre l’indépendance de notre journée, il faut que les acteurs mêmes de l’agriculture se réorganisent et capables de contribuer financièrement. Il faut que les autorités et les leaders des organisations paysannes se concertent pour voir l’indépendance qu’il demande là, c’est sur quel plan ».

10- Dieudonné Ollo Boubié de la région du Centre-Sud : « Je suis content des échanges avec le président »

Je suis vraiment content après ces échanges directs avec mon président. Sur les recommandations, je suis très satisfait parce qu’on avait arrêté que l’organisation de la JNP sera désormais tous les deux ans. Et il est d’accord avec nous ».

11- Pascal Nabaloum de la région Centre-Nord : « je pense que la production va s’améliorer au Burkina »

Nous avons rencontré le président et nous lui avons soumis nos préoccupations. Il nous a donné satisfaction à travers ses réponses. Si cela se poursuit, je pense que la production va s’améliorer au Burkina. Mais nous voulons que pour les perspectives à venir, on essaie de voir ce qui peut être innové davantage pour la promotion du monde rural ».

Propos recueillis
par AI- ALS

Bayiri.com