IUTS : Pas de recul chez les syndicats, plateforme revendicative réactualisée

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Réunis en assemblée générale le 26 février 2020 à la bourse du travail de Ouagadougou, les travailleurs essentiellement composés de ceux de l’administration publique burkinabè ont apporté une réponse ferme au gouvernement burkinabè suite à l’application effective de l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs du public. Avant d’annoncer à un chronogramme de manifestations et de grèves généralisées, les travailleurs ont tenu à faire savoir au gouvernement que leurs revendications vont au-delà de l’IUTS.

« L’application de l’IUTS sur nos primes et indemnités qu’on nous sert est une diversion », a indiqué Badiel Souleymane, Secrétaire général du F-SYTER qui prétend que l’objectif du gouvernement est de faire diversion avec l’IUTS afin que les travailleurs perdent de vu leurs revendications d’antan. Aussi, à l’issu de l’assemblée générale tenue par les différentes organisations syndicales à la bourse du travail de Ouagadougou le 26 février 2020, les responsables syndicaux qui ont d’ores et déjà lancé le mot d’ordre d’actions et de grèves à tous les syndicats à partir du 27 février, ont déposé la plate-forme revendicative suivante, demandant satisfaction auprès du gouvernement avant de lever les différentes manifestations programmées contre l’IUTS.

Arrêt des mesures de baisse du pouvoir d’achat et amélioration de celui-ci en rapport avec le coût de la vie :

. Suppression de l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs du privé, du public et du parapublic, le remboursement des coupures opérées sur la base de la loi de finance 2020
. Relèvement de l’abattement forfaitaire pour frais et charges professionnels de 50% ;
. Apurement sans délai des retards d’avancement, de reclassement, de titularisation et de correction indemnitaire avec incidence financière

Arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales

. Respect de la liberté de manifestation sur la voie publique (sit-in, meetings, marches,…)
. Respect de la liberté syndicale notamment des conventions 87 et 98 (droit d’organisation, de grève et levée de toutes les sanctions prises à l’encontre des travailleurs pour raison syndicale)
. Finalisation de la révision du Code du Travail dans le respect des dispositions des conventions de l’OIT et des avis pertinents du BIT ;
. Opérationnalisation du Check off ;
. Suppression des nouvelles dispositions du code pénal révisé portant atteinte aux droits fondamentaux du peuple (liberté d’expression, droit à l’information, à l’insurrection) ;

Arrêt du pillage des ressources nationales :

.Accompagnement conséquent de la justice pour faire la lumière sur les crimes économiques révélés entre autres par enquêtes parlementaires, les rapports de l’ASCE/LC, de la Cour des Comptes et du REN-LAC et la sanction de leurs auteurs ;
.Dénonciation de la convention révisée du Rail avec Bolloré en vue de privilégier les intérêts de l’Etat et des populations ;
. Elaboration d’un foncier unique informatisé du foncier pour une saine gestion du foncier ;
. Recouvrement sans délai des sommes dues au trésor public par les contribuables indélicats et les hauts dignitaires ;
. Relecture du code minier en vue de prendre en compte les intérêts du pays, recouvrement de fonds de développement local et arrêt des exonérations injustes accordées aux sociétés notamment aux sociétés minières ;

Garantie du droit à la sécurité des populations

. Accompagnement conséquent de la justice pour l’établissement de la vérité et le jugement des différents cas de crimes de sang notamment les dossiers de l’insurrection populaire, de l’assassinat des responsables de l’ODJ dans le Yagha et l’exécution des mandats d’arrêt émis par la justice ;

. Mise en œuvre effective de l’article 2 de la constitution du 2 juin 1991 disposant que « la protection de la vie, la sûreté et l’intégrité physique sont garantis » ;
. Prise en charge adéquate des familles des victimes du terrorisme, des déplacés internes et adoption des mesures en vue de leur retour dans leurs localités d’origine ;

Le respect et la mise en œuvre des différents engagements pris par le gouvernement vis-à-vis des syndicats des travailleurs ;

En rappel, les travailleurs regroupés autour du Collectif syndical de la CGT-B ; l’Intersyndical des magistrats ; la Coordination des syndicats du MINEFID et d’autres syndicats autonomes ont déjà annoncé un chronogramme de manifestations qui s’articule comme suit : «  Le jeudi 27 février 2020, actions sectorielles des différents sections syndicales sur toute l’étendue du territoire national ; 3 Mars 2020 conférence de presse pour faire le point des différentes actions sectorielles; samedi 7 Mars, marche-meeting; lundi 16 au vendredi 20 Mars, grève généralisée ponctuée par une marche-meeting le 17 mars 2020.

Hamadou Ouédraogo
Minute.bf

Source : Minute.bf

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