IUTS : La F-SYNTHER suspend toutes les évaluations

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La Coordination de la fédération des Syndicats nationaux des Travailleurs de l’éducation et de la Recherche (F-SYNTER) des Universités publiques du Burkina Faso, en protestation contre l’application de l’Impôt unique sur les traitement et salaires des travailleurs du public, suspend toutes les évaluations et leur participation à la vie académique. En clair, « l’activité pédagogique et académique se limitera à donner les cours un point, un trait ». Le syndicat appelle ses militants et sympathisants à se mobiliser et à participer massivement à la marche de demain 7 mars 2020 et à la grève générale du 16 au 20 mars 2020.

« L’application du système LMD dans l’enseignement supérieur dans notre pays n’a fait que consacrer la privatisation du secteur de l’enseignement supérieur et contribuer à la détérioration des conditions de vie et de travail des étudiants et des enseignants. Il s’en est suivi dès 2016, la lutte unitaire engagée par les syndicats de l’enseignement supérieur (F-SYNTER, SNESS, SYNADEC) autour des points suivants :

  • La revalorisation de la grille salariale
    et indemnitaire ;  
  • La révision des textes régissant
    l’organisation du baccalauréat, notamment la revalorisation des taux des
    diverses indemnités y afférentes ;
  • La revalorisation des fonctions académiques ;
  • La revalorisation du statut des assistants et
    des Enseignants à Temps Plein (ETP).

La signature du
protocole d’accord en juin et septembre 2016 entre le gouvernement et les
syndicats de l’enseignement supérieur, a été une victoire importante dans la
lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants.
Nous avions souligné à l’époque que, certes, les acquis étaient notables, même
s’ils sont loin de répondre à notre plateforme revendicative, et qu’il fallait
redoubler de vigilance pour les préserver afin de  promouvoir 
un enseignement supérieur de qualité accessible aux enfants du peuple.

La seconde phase des
négociations qui s’en est suivie dès 2018, concernait ce qu’il est convenu
d’appeler la « plate revendicative du gouvernement » comme
l’augmentation des volumes horaires et la suppression d’un certain nombre
d’avantages des enseignants. Une commission ad’hoc mise sur pied à cet effet
devait apporter une réponse consensuelle à ces préoccupations. A notre grande
surprise, le gouvernement décide d’appliquer l’augmentation des volumes horaires
sans l’accord des syndicats.

C’est dans un tel
contexte que le gouvernement vient d’adopter l’extension de l’IUTS sur les
primes et indemnités. Cette provocation qui s’inscrit dans une volonté
délibérée de reprendre d’une main ce que l’autre main avait donnée, doit
recevoir une réponse digne de ce nom. Ce qui se passe avec cette question
d’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs de façon générale, c’est
bien la remise en cause des acquis et la domestication des travailleurs pour
l’application des mesures criminelles des institutions financières internationales.

C’est pourquoi, la
Coordination F-SYNTER des universités publiques, tout en condamnant la coupure
opérée sur le salaire d’une partie des enseignants chercheurs, exige l’arrêt
immédiat de ces coupures et leur remboursement immédiat. Elle invite tous les
enseignants du supérieur à observer les actions immédiates suivantes :

  • Suspension
    de toutes les évaluations : l’acte pédagogique est limité au cours (blocage des
    notes, non dépôt des sujets, suspension des sorties pédagogiques, délibération
    et participation aux jurys…)
  • Suspension
    de la participation à la vie académique (réunions de départements, réunions
    bilan, réunion de coordination de sections, conseil de gestion des UFR, autres
    conseils scientifiques, etc.).

En termes très
clairs, l’activité pédagogique et académique se limitera à donner les cours un
point, un trait.

Résolument
engagée dans la lutte du collectif syndical crée au lendemain de cette décision
inique d’élargissement de l’IUTS aux primes et indemnités, la Coordination invite
les militants (es) et sympathisants (es) à participer activement aux activités
suivantes :

  • La
    marche-meeting du 07 mars 2020 sur toute l’étendue du territoire.
  • La
    grève générale nationale du 16 au 20 mars 2020.

En outre, la Coordination invite les militants à se tenir prêt pour tout autre mot d’ordre que nécessiterait l’évolution de la situation. Les membres des bureaux des sections et comités de la Coordination dans les différentes régions du pays sont chargés de l’organisation et du suivi de ce mot d’ordre pour un succès éclatant de notre juste lutte et pour des victoires de plus en plus grandes. »

Pain et liberté pour le peuple !

Ouagadougou, le 05 mars 2020

Le Secrétaire Général

SANOU Alain

Source : Minute.bf

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