IIe conseil de direction de la DRENA du Centre-Est : Les chefs d’établissement du secondaire se retirent des travaux

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Le Directeur régional de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DRENA) du Centre-Est, Idrissa Pascal Tiendrébéogo, a présidé les travaux du IIe conseil ordinaire de direction de l’année scolaire 2016-2017, le mercredi 12 avril 2017 à Tenkodogo.
Vu les retards récurrents dans la prise en charge des frais de vacation et les heures supplémentaires dans les établissements publics et les règlements des frais d’inscription des élèves affectés dans les établissements privés; des difficultés à organiser les examens blancs; la vulnérabilité des chefs d’établissement devant les actes de violences dues à la situation parce que représentant l’administration aux yeux des élèves et des professeurs ; la désuétude des textes régissant les examens blancs et les rémunérations des professeurs principaux ; l’absence du corps de chefs d’établissement les rendant encore plus vulnérables devant leur personnel ; du silence coupable des autorités face cette situation et le mépris de leur ministère à l’égard des acteurs de base du système éducatif, les chefs d’établissement d’enseignement post-primaire et du secondaire public et privé de la région du Centre-Est l’ont fait savoir à l’ouverture des travaux du IIe conseil ordinaire de direction de l’année scolaire 2016-2017, organisée par la Direction régionale de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DRENA) du Centre-Est, le mercredi 12 avril 2017 à Tenkodogo. Ils ont en outre, dans une recommandation, exigé entre autres : le paiement intégral sans délai des arriérés des frais de vacation et heures supplémentaires et des frais d’inscription des élèves affectés dans les établissements privés ; la relecture et la diffusion des textes régissant l’organisation des examens blancs et la rémunération des professeurs principaux sans délai ; la création immédiate du corps des chefs d’établissement ; la dotation conséquente des établissements en matériels et fournitures. Ils ont aussi rappelé à leur ministère de tutelle que les conséquences qui découleront du non-respect des requêtes engageront son entière responsabilité. Selon le directeur du CEG de Gando, coordonnateur des chefs d’établissement du Boulgou et porte-parole des chefs d’établissement de la région, Zaré Seydou, «le conseil a été boycotté à cause des frais de vacation que l’Etat nous doit depuis l’année passée et cela a créé des problèmes dans nos établissements. Depuis l’année passée jusqu’aujourd’hui, il y a des professeurs qui n’ont n’a pas été payés et beaucoup d’entre eux ont arrêté les cours. Il faut qu’on réagisse pour que le ministre sache qu’il y a des problèmes véritables dans les établissements. C’est un problème national, mais nous constatons qu’il y a trois régions qui ont été satisfaites à savoir le Centre, le Centre-Ouest et le Plateau central. Pourquoi pas les autres régions ?». Le représentant des chefs d’établissement de la province du Kourittenga, Ouangaré Idrissa a ajouté que les établissements ont utilisé les ressources de fonctionnement pour payer les arriérés de vacation de l’année passée. «Nous avons fait ce que nous pouvons pour contenir les professeurs et jusqu’à présent l’Etat ne réagit pas. Nous sommes en fin d’année et le problème d’examen blanc est toujours posé dans beaucoup d’établissements publics. Nous sommes devenus les ennemis de nos collègues comme si c’était nous qui avions construit les établissements. L’Etat doit nous aider à résoudre les problèmes car c’est nous qui endossons les conséquences», s’exclame-t-il. Le Directeur régional de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DRENA) du Centre-Est, Idrissa Pascal Tiendrébéogo avoue être surpris de la réaction spontanée des chefs d’établissement. Le DRENA a tout de même rassuré que cette situation va se résoudre sans pour autant donner la date ni de délais. Les examens scolaires seront-ils pris en otage ? Le DRENA du Centre-Est rassure et précise que chaque acteur de la chaîne est conscient de l’enjeu qui est de faire en sorte que ces examens de fin d’année scolaire se déroulent correctement dans la région. Même si le DRENA Tiendrébéogo dit ne pas connaître les intentions des chefs d’établissement, il précise que ces derniers n’ont pas lié le problème des vacations à une question de boycott des examens scolaires. Il garde tout de même espoir qu’ils vont se retrouver pour poursuivre les activités, tout en gardant à l’esprit que l’Etat leur doit de l’argent des vacations. Il a soutenu qu’avec la mise à disposition de professeurs dans des établissements, certains n’auront plus de problèmes de vacation ni d’heures supplémentaires. 
Bougnan NAON

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