Histoire politique du Burkina : « Nous sommes comptables en tant qu’acteurs politiques »

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Pour le président par intérim du Congrès pour la démocratie (CDP), Achille Tapsoba, il n’y a nul doute que tout ce qui s’est produit au Burkina depuis 1960 jusqu’à aujourd’hui et qui met à mal la cohabitation au point de placer la question de réconciliation nationale comme préalable est à imputer aux acteurs politiques. Il propose de crever l’abcès afin que les dirigeants actuels puissent implémenter leur programme de société pour lequel ils ont été élus. C’était lors de la passation de charge le jeudi 20 avril 2017 entre Gilbert Noel Ouédraogo, président sortant de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) et l’entrant Rasmané Ouédraogo, président de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA).

La réconciliation nationale demeure le maître-mot au sein des partis qui composent la CODER. Avant de passer le témoin au président de la NAFA, le président de l’ADF/RDA est revenu sur cette « question tellement importante, complexe et sensible » qui, dit-il, ne peut être résolue « en excluant certains ». Estimant que « des personnes qui s’entendent n’ont pas besoin de se réconcilier », Gilbert Noel Ouédraogo a insisté sur la nécessité à « parler à tout le monde » et donc « ne pas exclure certains d’office » pour x ou y raison.

C’est ce qui explique selon lui que la CODER a pris la résolution d’aller à la rencontre de l’ancien président Blaise Compaoré. « Quoi qu’on dise, Blaise Compaoré, c’est 27 ans de l’histoire de notre pays. Si on enlève ces 27 années de notre processus de réconciliation, on se réconcilie sur quoi ? Notre démarche est objective », a déclaré le président de l’ADF/RDA, ancien allié du CDP.

Justement pour Achille Tapsoba, président par intérim du CDP, il y a lieu avant de faire table rase sur le passé de passer par la case réconciliation nationale. A l’entendre, le doute ne plane pas dans sa tête lorsqu’il s’agit de désigner les responsables de la situation qui prévaut.  « Nous sommes comptables en tant qu’acteurs politiques de la vie politique nationale, de la vie politique de toute l’histoire socio-politique du Burkina Faso de 1960 à nos jours. Ce sont les acteurs politiques qui sont comptables de la plupart des événements », a dit le président par intérim du CDP, par ailleurs vice-président de la CODER.

C’est donc « conscient qu’il y a une situation d’accumulation de rancœurs », qu’il invite à revisiter l’histoire socio-politique du pays « pour qu’ensemble on ressoude le tissu, qu’on apaise la situation, qu’on calme les ambitions ».

Le président par intérim du CDP a également réagi sur la sortie de certaines organisations de la société civile qui n’entendent pas participer au meeting de l’opposition au cas où la CODER y serait associée. Achille Tapsoba a fait part de son étonnement. Selon lui il n’appartient pas à une quelconque organisation de venir faire une censure quant à la participation d’un parti de l’opposition à un meeting de l’opposition.

Il a néanmoins pris cette sortie comme étant un élément indicateur de la bonne marche de la démocratie au Burkina. « Nous sommes d’accord que certains ne soient pas d’accord avec nous. C’est ça la démocratie. Une des valeurs fondamentales de la démocratie et de la république, c’est le droit à la différence, c’est l’expression plurielle », a commenté Achille Tapsoba.

Oui KOETA                                              

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