Guinée : Le forcing du professeur Condé

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Guinée : Le forcing du professeur Condé

Saccages de bureaux de votes et affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Tels sont les faits ayant marqué le double scrutin tenu au forceps par Alpha Condé. Ce double scrutin, dont les résultats ne sont pas encore connus, a contribué à accentuer les divisions et les tensions entre le pouvoir et l’opposition. Le pays compte assez de morts sur fond de polémique entre les deux camps. Pour le gouvernement, le bilan est de 6 morts. Mais le Front national de défense de la Constitution parle de 14 morts. Ainsi, ce double scrutin qui devrait réunir le peuple guinéen à créer au contraire la division entre les enfants d’une même mère. Tout cela parce que le professeur Condé veut simplement assouvir son désir de régner à vie sur la Guinée.

Au lendemain du double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020, très contesté et boycotté par l’opposition et la société civile, le pays semble plus que jamais scindé en deux à cause de l’entêtement du professeur Condé pour assouvir son désir à la tête de la Guinée. La date du 22 mars qui devrait marquer l’histoire de la Guinée a été au contraire une date où le sang des Guinéens a coulé à cause de la volonté d’un président qui refuse de partir.

Ce double scrutin qui devrait permettre au peuple guinéen de décider de l’avenir de la Nation a été marqué par des violences occasionnant ainsi des pertes en vie humaine. Cette date 22 mars 2020 a été un rendez-vous noir pour la Guinée. Et les Guinéens pleurent aujourd’hui leurs morts depuis que la sagesse a quitté le président Condé.

Avec ce passage en force, peut-on accorder encore une crédibilité à des élections qui se sont tenues dans la violence et à huis-clos, sans observateur étranger, après le retrait, tour à tour, de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de l’Union africaine et sans l’Union européenne ?

La réponse est négative parce que la transparence du scrutin est largement, ici, mise en cause. Et avec, cette élection Alpha Condé a, à présent, tout le loisir de fabriquer des résultats dans ses officines, à la hauteur de ses ambitions pour confisquer le pouvoir. Peut-être était-ce même le but recherché. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de quoi être fier de ce double scrutin ! Surtout dans ces consultations populaires où le retrait successif des institutions internationales sonne comme un désaveu.

Maintenant qu’il a ouvert les portes de son troisième mandat, peut-on s’attendre à voir Alpha Condé y renoncer et emboiter le pas de certains présidents ? Difficile d’y répondre par la positive, car le déroulement des évènements porte à croire que le plus dur a été fait. Et la seule tenue de ce référendum est, en elle-même, déjà une victoire, peu importent les conditions. Une victoire d’étape qui devrait lui permettre à présent de poursuivre.

Malgré que les dés soient déjà jetés, que deviendra la Guinée dans les jours à venir. L’opposition a déjà annoncé la couleur et l’on ne sera pas étonné de la voir continuer dans les rues. Pour bon nombre d’observateurs, l’opposition va changer de fusil d’épaule et adopter d’autres formes de lutte pour se donner de meilleures chances de faire barrage aux velléités monarchiques du président Condé. Car, même si elle semble avoir perdu la bataille contre la tenue du référendum, elle est loin d’avoir perdu la guerre contre le troisième mandat de Condé. On attend de voir dans les jours à venir.

OI

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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