Guerres de 4e génération : Le rouleau compresseur expliqué par le Général Hesham Elhalaby

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Guerres de 4e génération : Le rouleau compresseur expliqué par le Général Hesham Elhalaby

L’histoire de l’humanité est parsemée de guerres. Mais au fil du temps, les stratégies ont bien changé. Des guerres de première génération, l’on en est aux guerres de quatrième génération. Elles sont révolues ces temps où deux Etats s’affrontaient par armées interposées. Le général Hesham Elhalaby, expert de l’armée égyptienne, a donné une conférence au profit des professionnels des médias, sur les différentes générations de guerre moderne. C’était le 29 novembre 2019 au ministère de la Défense à Ouagadougou.

Le Général Hesham Elhalaby est pilote, expert de l’armée égyptienne, consultant de la haute académie militaire Nasser. Sollicité par le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants pour donner une série de conférences au profit de différentes couches sociales, il était face aux professionnels des médias pour les aider à comprendre les différentes classifications des guerres. Le terrorisme auquel fait face le Burkina Faso depuis quelques années étant la toile de fond.

Le conférencier précisera que la première génération de guerre moderne est parue en 1648. C’est le type de guerre conventionnelle entre deux armées régulières représentant des Etats et qui s’affrontent sur un champ de bataille spécifique. La puissance des combattants est mise en avant et il y a beaucoup d’hommes engagés.


La deuxième génération de guerre, elle, a commencé avec l’armée française. Elle repose sur la puissance de frappe, la modernisation du matériel de guerre avec par exemple des chars de combat. Mais là également, il s’agit de guerre conventionnelle opposant deux armées de deux Etats distincts.

Quant à la troisième génération de guerre, elle est apparue dans l’armée allemande lors de la seconde guerre mondiale. La capacité à envoyer le feu loin derrière les positions de l’ennemi caractérise cette guerre. Cette génération de guerre se distingue surtout par l’intensité et la portée du feu. Elle implique l’isolation des unités combattantes, la destruction des moyens de communications, de transport, avec une capacité de manœuvre.

Ces trois types de guerre ont une chose en commun : il s’agit de guerre conventionnelle, impliquant deux camps ennemis des armées de deux ou plusieurs Etats. L’objectif étant de remporter la victoire, occuper l’ensemble ou une portion du territoire de l’ennemi vaincu, exploiter des ressources.


La guerre de quatrième génération, complexe, longue

Pour le Général Hesham Elhalaby, les trois premières générations de guerre était très coûteuses. Elles nécessitaient de gros moyens financiers en armement, en mobilisation des hommes. La guerre de quatrième génération est une notion qui a vu le jour en 1989. Selon Dr Max Manwaring, la quatrième génération des guerres modernes consiste à déstabiliser le pays ciblé pour qu’il devienne un Etat faible et défaillant.

Là, il s’agit de viser les institutions d’une république, les armées ne sont pas visées au premier chef. Il faut affaiblir le dispositif sécuritaire, provoquer l‘effondrement économique, entamer l’unité du peuple. Au finish, ce sont les mêmes objectifs que les guerres conventionnelles, mais avec des coûts bien moindres aussi bien aux plans des hommes que du matériel utilisé.

La guerre de quatrième génération se caractérise par le manque de hiérarchie, l’utilisation répandue de la technologie, l’entrée en lice des groupes terroristes, des communications, des réseaux financiers et aussi des lignes floues entre guerre et politique, militaire et civil.

Guerre asymétrique, la guerre de quatrième génération est lente, et s’étale dans le temps, précise le général conférencier. Paraphrasant l’ancien président du Venezuela Hugo Chavez, l’ancien pilote rappelle que le processus dans la quatrième génération de la guerre moderne est certes long, mais quand il est bien mené, vos ennemis se réveilleront morts.

Le terrorisme est la première méthode dans la guerre de 4e génération avec la création de groupes terroristes impliquant des citoyens de nationalités différentes, soumis à des exigences religieuses, ethniques ou historiques. Puis, il y a la tactique de guerre de guérilla et opérations financées directement.


La pyramide terroriste

Selon le conférencier, le terrorisme a plusieurs niveaux. Il peut avoir un fondement religieux, politique ou social. Après cette base, il y a des opérations individuelles (loups solitaires) avant que des groupes organisés ne se mettent en place. Dans l’avant-dernier palier se trouvent des acteurs non étatiques. Au sommet de la pyramide, il y a les Etats parrainant le terrorisme.

Par ailleurs, les autres manifestations de la guerre de 4e génération, explique le Général, c’est par exemple le fait d’utiliser les médias pour mobiliser l’opinion publique en vue de remettre en cause le système en place et les dirigeants. Ensuite, vient la formation de groupes d’opposition sur la place publique pour augmenter le nombre de mécontents. La plupart des revendications des manifestants étant légitimes.

Le choix des leaders pour porter les revendications, amener les manifestants dans la rue et internationaliser les problèmes est une autre étape. Puis, viennent les grandes manifestations pendant lesquelles quelques personnes sont tuées pour attiser les tensions.

L’avant-dernière étape est l’octroi de prix internationaux à certains citoyens du pays visé. Et enfin, les Organisations non gouvernementales (ONG) sont mises à profit pour une pression continue sur le pays visé. Ce, sur les champs politique, économique, social et militaire.

Tiga Cheick Sawadogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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