Grossesses précoces et non désirées : Etat des lieux au Burkina

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La récurrence des grossesses précoces (10 à 18 ans) et non désirées (non voulues) à l’école est devenue un phénomène préoccupant au cours des dernières années au Burkina. Un état des lieux a été fait le mardi 11 avril 2017 devant les parlementaires par le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA), Jean Martin Coulibaly. En corollaire, la situation des interruptions de grossesse a été dépeinte.

La direction de la promotion de l’éducation inclusive des filles et du genre, en collaboration avec les structures déconcentrées du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA) ont enregistré au cours de l’année scolaire 2013-2014, une situation de 2 295 cas de grossesses en milieu scolaire dont 481 filles-mères reparties sur l’ensemble du pays.

Le phénomène se pose avec acuité dans certaines régions telles que le Sud-ouest avec 578 cas, les cascades avec 334 cas, le plateau central avec 242 et le Nord avec 227.

Au cours de l’année scolaire 2014-2015, dans les établissements de la région du Centre-ouest, plus de 400 cas de grossesses non désirées ont été recensés, dont près de 70% au post-primaire et 40% en classe de 3ème. Au cours de cette même année, 70 cas ont été recensés dans les établissements scolaires de la Boucle du Mouhoun, 40 cas dans les Hauts-Bassins (6 cas au primaire dont 5 au CM2 et 1 cas au CM1).

Pour l’année scolaire 2015-2016, les services techniques du MENA ont enregistré respectivement, dans les établissements de la région du Sahel et du Centre-ouest, 94 cas dont 76 au post-primaire, 18 au secondaire et 382 cas dont 78% au post-primaire et 40% en classe de 3ème.

Les principaux auteurs de ces grossesses non désirées sont en première place, les élèves eux-mêmes. En deuxième place, les jeunes du secteur informel, en troisième place, viennent les commerçants et les enseignants et la quatrième place est occupée par les autres fonctionnaires et les orpailleurs.   

A la suite du ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, le ministre de la santé, Nicolas Méda a également brossé les chiffres concernant les avortements au Burkina. D’abord, il annonce que 30 % des avortements provoqués aboutissent à des décès maternels au Burkina avant d’avancer un chiffre d’avortement de plus de 120 000 par an.

A noter que l’avortement est interdit au Burkina, exception faite de celui thérapeutique pratiqué dans les conditions suivantes : le fœtus n’est pas viable, la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme enceinte, la grossesse est intervenue par suite de viol ou de rapport incestueux.  

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Burkina24.com