Grèves au ministère de l’économie : Des agents se démarquent  

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Tandis que la Coordination des Syndicats du Ministère en charge de l’Economie et des Finances (CS-MEF) a reconduit sa grève du 18 au 22 juin 2018, un groupe d’agents du même département clame un non alignement face à ce mot d’ordre de grève.

Le ministère de l’économie, des finances et du développement (MINIFID) évolue au rythme de grèves et de sit-in qui affectent le fonctionnement des activités dans l’administration publique et économique du pays.

Un groupe d’agents du MINEFID a tenu un point de presse pour donner sa lecture de la situation actuelle au ministère avec le bras de fer entre la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’économie et des finances (CS-MEF) et le gouvernement. C’était ce lundi 18 juin 2018 à Ouagadougou.

Selon les conférenciers du jour, en parcourant point par point les revendications de la CS-MEF, « nous nous rendons compte qu’aucun argument objectif ne peut conduire un syndicat responsable à un tel niveau de radicalisation ».

Pour Ludovic Patrice Bazié, porte-parole des conférenciers, certains points de revendication de la plateforme de la CS-MEF frisent le « gangstérisme syndical« .

Il a pris des exemples sur le prélèvement du check off qui doit être volontaire et non une obligation. Il a poursuivi  en indiquant par exemple qu’un des syndicats de la coordination, qui serait conduit par un bureau incomplet et dont le mandat serait échu depuis le 19 décembre 2015, aurait perçu à la date du 20 février 2017, plus de 40 millions de F CFA par le biais des précomptes à la source des cotisations du check off et la subvention accordée par le MINEFID à hauteur de 5 millions  de F CFA par an avec une absence de bilan.

Le fonds commun

Les conférenciers ont estimé que la redistribution du fonds commun (FC) est discriminatoire et exclut une partie des agents du ministère, contrairement aux agents formés à l’ENAREF.

Ils ont pris l’exemple de certains agents qui sont motivés à seulement 30% et d’autres à 60% sans aucune raison objective. Ils préconisent la relecture de l’arrêté portant conditions d’éligibilité et modalités de répartition du FC alloué aux agents du MINEFID autres que les régies de recettes pour expurger toutes dispositions discriminatoires.

Le groupe a également relevé des menaces et intimidations subies par les agents qui n’adhèrent pas aux mots d’ordre du syndicat lors des mouvements sociaux. Ils invitent les autorités à prendre des mesures idoines pour une sortie de crise et la sauvegarde du bien commun.

Par ailleurs, ils annoncent la naissance dans les prochains jours d’un nouveau syndicat « rassembleur » qui va œuvrer à la défense des intérêts de l’ensemble des agents du MINEFID. « Nous espérons avoir notre récépissé d’ici vendredi », ont soutenu les conférenciers.

Jules César KABORE

Burkina24

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