Grève des chauffeurs routiers : Le mot d’ordre levé

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Grève des chauffeurs routiers : Le mot d’ordre levé

L’on sentait la chose arriver. Ce, depuis la rencontre accordée par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, qui avait appelé solennellement les chauffeurs routiers à privilégier l’intérêt national et à lever le mot d’ordre de leur mouvement entamé le 9 août. Mais, il aura fallu attendre le troisième jour de la grève pour que la bonne nouvelle tant attendue par les voyageurs, les sociétés des transports, les commerçants, bref, les Burkinabè, tombe enfin. Le mot d’ordre a été levé, ce vendredi 11 août, après l’audience accordée par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, aux frondeurs. Le pays peut désormais prendre un bol d’air frais.

A la fin de l’audience avec le locataire de Kosyam qui n’a duré qu’une vingtaine de minutes, les visages étaient détendus. Dans son mot, le chef de la délégation, Guy Olivier Ouédraogo, avait rapporté que le président du Faso disait les avoir compris et leur avait présenté ses excuses. N’est-ce pas ce que les chauffeurs routiers attendaient depuis le déclenchement de la grève ?

Grève des chauffeurs routiers : Le mot d’ordre levé
Olivier Ouédraogp, SG de la confédération syndicale burkinabè chef de la délégation

« Le président nous a demandé de nous remettre au travail. Nous n’avons pas douté de sa parole. Il nous a demandé de lui faire confiance et nous allons lui faire confiance », avait lancé le secrétaire général de la Confédération syndicale burkinabè (CSB) à l’issue de l’audience.

« Mais à quand la reprise du travail ? ». Cette question brûlait sur les lèvres des journalistes qui n’ont pas manqué de poser la question au chef de la délégation. « Ce qui est sûr et certain, quand nous allons nous remettre au travail, nous allons vous le communiquer. Il n’y a aucun sujet tabou et nous comprenons très bien ce qui nous a été demandé. Nous sommes une organisation syndicale responsable. Et ce qui se passe actuellement est à notre corps défendant et nous avons aussi des intérêts à défendre. Nous sommes aussi une organisation syndicale ouverte et qui est soucieuse du développement de notre pays », avait renchérit Guy Olivier Ouédraogo.

Le président du Faso leur a-t-il fait des promesses ? Voici la réponse du SG de la CSB : « Le chef de l’Etat est au-dessus du ministre Simon Compaoré (ministre d’Etat, ministre de la sécurité, ndlr). Et s’il nous dit d’aller travailler dans la quiétude, c’est qu’il dispose des moyens pour assurer notre sécurité. Nous n’avons pas à rentrer dans les détails. Le chef de l’Etat a parlé. Il nous a demandé de lui faire confiance, nous lui faisons confiance ».

Grève des chauffeurs routiers : Le mot d’ordre levé
Les autres membres de la délégation

C’est donc à la suite de cette audience où la messe semblait avoir été dite que les chauffeurs routiers ont levé leur mot d’ordre de grève. Outre le président du Faso et le Premier ministre, l’autre personnalité qui s’est impliquée dans la résolution de cette crise est le Mogho Naaba Baongho. Dans notre écrit sur l’arrêt de travail des sociétés de transport, nous annoncions dans notre chute que le Mogho Naaba Baongho avait prévu rencontrer les chauffeurs routiers, le 10 août dans la matinée. La rencontre n’a eu lieu finalement qu’aujourd’hui aux environs de 16h. Pendant donc qu’un groupe des organisations syndicales était au palais royal, l’autre était au palais présidentiel.

Pour le petit rappel, c’est en réponse aux coups que certains de leurs camarades ont reçus pour refus de paiement de la redevance (25 000 F CFA) de passage aux postes de contrôle juxtaposés de Cinkansé que l’Union des chauffeurs routiers du Burkina avait décrété le 4 août dernier un mot d’ordre d’arrêt de travail illimité. Mais à l’issue de pourparlers avec le ministre des transports le même jour, un protocole d’accord avait été signé le lendemain fixant la reprise du paiement de la redevance au 1er septembre 2017.

Grève des chauffeurs routiers : Le mot d’ordre levé
Les Chauffeurs routiers réunis au siège de leur Union

Pendant que l’on croyait la hache de guerre enterrée, quatre jours plus tard, un nouveau mot d’ordre est lancé, cette fois-ci pour dénoncer le discours du ministre de la sécurité, Simon Compaoré, tenus face aux forces de sécurité lors d’une tournée dans la région du Centre-Est. Voici en substance ce qu’avait dit le ministre d’Etat à ses hommes : « Vous n’avez rien à vous reprocher. Jusqu’à demain, l’autorité de l’Etat va s’affirmer. Vous avez notre soutien. Personne, je dis personne, ne sera arrêté parce que vous ne méritez pas d’être arrêtés. Si on doit vous embastiller, c’est moi d’abord et vous ensuite (…) c’est une règlementation de l’UEMOA. On ne demande pas aux chauffeurs de payer de leur poche. C’est à leur patron de le faire. S’ils refusent de payer, l’Etat prendra ses responsabilités ».

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net


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