Gouvernance post-insurrectionnelle : Un chassé-croisé entre l’urgent et le structurel

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Faire des citoyens burkinabè des « Hommes et femmes qui changent le monde » (à commencer par leur pays) à travers  l’offre des technologies de l’information et de la communication,  c’est l’aventure dans laquelle s’est lancé le directeur pays de l’organisation non gouvernementale  Diakonia, Luther Yaméogo.

En tête des organisations qui contribuent au suivi-évaluation des décisions du Président du Faso via la plateforme de veille citoyenne presimetre.bf, Luther Yaméogo, directeur pays de Diakonia, a été convaincu il y a quelques semaines de la justesse de l’engagement et la nécessité de continuer avec la démarche.

Le Présimetre a été fait lauréat du Prix numérique transparence par Transparency international ainsi que le ministère français des affaires étrangères, Canal France international (CFI) et le Liberté living Lab à Paris. La plateforme passe ainsi pour « l’un des meilleurs outils numériques de monitoring de la gouvernance, de contrôle citoyen et de lutte contre la corruption dans le monde entier ».

Pour Luther Yaméogo, cela tient lieu d’une « reconnaissance de la mobilisation citoyenne des Burkinabè qui ont décidé de ne plus se laisser conter la cadence de la gouvernance démocratique mais qui ont décidé d’être des citoyens actifs en mettant en place des mécanismes de veille citoyenne ». Il ne cache pas sa satisfaction de constater qu’aujourd’hui il y a une routinisation des mécanismes de veille citoyenne de même qu’une démystification de la redevabilité, de la responsabilité politique et de l’imputabilité socio-économique.

Conformément à la vocation du programme Présimètre porté par treize organisations de la société civile, il se réjouit d’une chose : que « les Burkinabè sont de plus en plus regardants, questionnent les décideurs sur leurs promesses, sur leurs engagements, sur leurs rôles et sur leurs responsabilités,  les Burkinabè demandent des comptes ». Et cela par l’utilisation des réseaux sociaux et des espaces de dialogue que sont les médias ou au travers de ce qu’il qualifie d’activité citoyenne classique ou routinière.

Interrogation du PNDES

La réalisation du programme présidentiel prend en compte les engagements du chef de l’Etat inscrit dans le Plan national de développement économique et social (PNDES). Le suivi des politiques publiques sous la présidence de Roch Kaboré implique d’interroger ce plan pour  déterminer ce qui y est dit, comment ce qui y est dit est mis en pratique, et comment est-ce que le citoyen de par une « démarche de critiques constructives » peut apporter sa contribution à sa réalisation.

Luther Yaméogo encourage  « à  garder le cap » de la veille citoyenne. Son vœu est partagé par Thomas Huyghebaert, chef de la section gouvernance de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso. C’est « très contents » dit-il qu’ils ont appris à l’Union européenne (qui soutient l’initiative) que le Présimètre été reconnu et a reçu le prix. « Continuons sur cette lancée et allons encore plus loin pour trouver de nouvelles façons de faire participer au-delà de Ouaga mais aussi sur le terrain dans les communes un maximum de citoyens dans ce processus très important », a commenté le diplomate.

Concilier l’immédiatement rentable et le structurel

Le « souhait le plus important » des acteurs du Présimètre, a dévoilé Luther Yaméogo « c’est que les Burkinabè sachent réconcilier l’immédiatement rentable, c’est-à dire les préoccupations qui ont besoin d’être satisfaites tout de suite et maintenant, et le structurel qui doit être basé sur le développement durable à savoir permettre aux Burkinabè de profiter des conditions de vie dignes aujourd’hui sans préjudice des générations à venir ».

Oui KOETA                                                

Burkina24

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