Garde à vue de Inoussa Kanazoé : La faute aux milliards que CIMFASO doit à l’Etat ?

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Garde à vue de Inoussa Kanazoé : La faute aux milliards que CIMFASO doit à l’Etat ?

Quelques jours après la supposée affaire de piratage informatique de la banque CBAO à Dakar, plusieurs personnes ont été arrêtées au Burkina Faso et déférées à la MACO, parmi lesquelles Sayouba Zidwemba, le directeur général de Will Télécom, et 12 autres. Même si le nom de Inoussa Kanazoé n’a pas été cité dans cette affaire qui n’a pas fini de révéler ses dessous, il y a bien une autre affaire qui pourrait lui coûter la quinine. Notre confrère Courrier Confidentiel en a fait cas dans ses parutions des 25 janvier, 25 février et 25 mars 2017. Dans le point qu’il a fait du rapport d’expertise comptable sur la gestion de CIMFASO, il ressort que de fortes odeurs de surfacturations de plusieurs milliards de francs CFA se dégagent de la gestion de la société de cimenterie dont Inoussa Kanazoé est actionnaire à 60%. « Les anomalies relevées et les opérations réalisées en violation de la convention signée entre CIMFASO et MIXTA Négoce se chiffrent à 5 989 940 921, 48 F CFA », indique le rapport réalisé en 2016.

Basée en Suisse, la société MIXTA Négoce est détenue à 90% par Inoussa Kanazoé et n’est en réalité qu’une société intermédiaire qui a permis à CIMFASO d’acquérir les matières premières pour la fabrication du ciment. A en croire le bimensuel,CIMFASO serait une sorte de « vache laitière » de cette société et de bien d’autres telles que « Kanis Logistique, chargée de fournir du minerai à partir des ports de Lomé et d’Abidjan vers les usines de CIMFASO ; CGC chargée de faciliter la construction de l’usine abritant CIMFASO ; GMS chargée de l’ensachage et de l’expédition du ciment CIMFASO ; SOCOCIM chargée de la vente du ciment ».

Après parution du numéro du 25 janvier, le bimensuel avait annoncé, dans l’édition du 10 février, l’acte 2 de l’affaire dans le numéro du 25 février. Il est intitulé « Scandale à CIMFASO, Acte 2 : Les 7 milliards vont-ils échapper à l’Etat ». Avant sa sortie, un collaborateur des patrons de la cimenterie a tenté d’étouffer l’affaire en rendant une visite de courtoisie au journaliste Hervé d’Africk. Face à son refus de « surseoir » à l’Acte 2, de « diluer » son contenu et de se rendre à un rendez-vous pour discuter avec les patrons de CIMFASO, des individus auraient tenté d’infiltrer la rédaction pour accéder au contenu du journal, la veille de sa publication. Mais, la bombe a été lâchée.

Ainsi à en croire le canard, CIMFASO doit plus de sept milliards à l’Etat au titre des droits simples du fait de la violation de la convention d’investissement qui exonérait la société, en phase d’investissement, de la TVA, des droits de douanes mais aussi des prélèvements à l’importation des biens et services et de la fiscalité intérieure sur les acquisitions de biens, services et travaux destinés à la réalisation de CIMFASO. Sept milliards, ce n’est pas une mince affaire mais le montant pourrait s’alourdir, selon le décryptage fait par Courrier Confidentiel et des experts, et dépasser la barre des 10 milliards de francs CFA. Seulement si l’on ajoute les pénalités et les amendes éventuelles.

Est-ce suite à cette affaire que la gendarmerie a arrêté Inoussa Kanazoé ? Pour un Etat qui compte mobiliser des milliards à l’interne pour le financement de son plan national de développement économique et social (PNDES), aura-t-il le cran de réclamer ses sept milliards ? En attendant, nous apprenions qu’une organisation de la société civile tient ce 21 avril, une conférence de presse sur l’arrestation d’opérateurs économiques nationaux. Est-ce pour fustiger le gouvernement ou pour l’applaudir. Wait and see !

HFB
Lefaso.net

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