Gabon: Ali Bongo lâché par ses proches à l’approche des législatives

33

Illustration des schismes autour du chef de l’état, le parti au pouvoir peine à trouver une cohésion à l’approche des législatives.

Malgré la tenue de plusieurs mini-congrès en octobre et novembre dernier à Libreville, le Parti démocratique gabonais (PDG) ne parvient pas à se mettre en ordre de bataille à quatre mois des législatives prévues en avril.
A la crise économique perceptible depuis 2015 et à la crise politique née de la présidentielle de 2016 s’ajoute une perte de confiance dans les capacités du parti majoritaire à rassembler LC n°763).

Secrétaire général du PDG depuis août, Eric Dodo Bounguendza n’est pas parvenu à réconcilier les cadres de cette formation. Des divisions qui pourraient profiter aux autres partis, y compris l’opposition menée par certains ténors politiques tels Guy nzouba ndama (voir p.8) et Alexandre Barro Chambrier. Ces derniers sont respectivement responsables de Les Démocrates et du rassemblement Héritage & modernité (H&M).

Ainsi, dans la ville de Lambaréné, chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué (centre- Ouest), la direction du PDG a du mal à imposer le directeur général adjoint de cabinet d’Ali Bongo, Joël Ogouma, comme tête de liste face au président de l’Assemblée nationale, richard Auguste Onouviet dit « RAO », qui rejette cette candidature.

Plusieurs fois ministre sous le régime d’Omar Bongo, cet ancien grand-maître de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG) devrait se présenter comme candidat indépendant contre Ogouma, lui-même commissaire aux comptes de la Grande Loge du Gabon (GLG) dirigée par le chef de l’Etat.

Le Woleu-Ntem cristallise également les dissensions au sein du parti au pouvoir. Alors qu’Ali Bongo souhaite sortir cette région du Nord des griffes de l’opposition, le PDG s’y est enlisé à force de batailles internes.

A Bitam, seconde ville de cette province fang, le parti majoritaire ne par- vient pas à départager les ex-ministres Emmanuel Ondo methogo et Pastor ngoua n’neme de l’actuel président du Conseil économique et social (CES) et ex-opposant rallié au pouvoir, René Ndemezo’o Obiang.

Ce dernier, appuyé par son neveu et ministre de l’eau et de l’énergie, Patrick Eyogo Edzang, devrait se présenter aux législatives face aux deux premières personnalités du PDG. Pour sa part, Jean Ping a d’ores et déjà décidé de boycotter ce scrutin.

CamerounWeb.com