France – Florence Parly : « Nous sommes prêts à intervenir si le Burkina Faso nous le demande »

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Opération Barkhane, appui au G5 Sahel, relations avec Ouagadougou et N’Djamena… La ministre française des Armées défend les initiatives de Paris sur le continent.

Jamais elle n’a paru véritablement menacée par un éventuel remaniement. Reconduite à la tête du ministère des Armées le 16 octobre, la discrète Florence Parly a su s’imposer aux manettes de ce maroquin dont elle a hérité en juin 2017. La tâche ne semblait pourtant pas aisée tant son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian, avait marqué le ministère de son empreinte sous le quinquennat de François Hollande.

En tant que chef de la diplomatie, celui que l’on avait surnommé le « ministre de l’Afrique » continue à garder la main sur de nombreux dossiers, mais cette ancienne cadre du parti socialiste a pris ses marques sur le continent et notamment au Sahel où est déployée la force Barkhane, la plus grosse opération extérieure de l’armée française. Avant de s’envoler pour le Sénégal, où elle participera, le 5 novembre, au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, elle a longuement reçu JA dans son bureau de l’hôtel de Brienne, à Paris.

Jeune Afrique : À la fin de 2017, Emmanuel Macron réclamait des « victoires » contre les groupes jihadistes au Sahel en 2018. Nous sommes à la fin de l’année et la situation sécuritaire est loin de s’être améliorée. Ne faut-il pas changer de stratégie ?

Florence Parly : Barkhane a rencontré des succès importants depuis le début de cette année. Nous avons neutralisé plus de 130 terroristes, dont un certain nombre de chefs. C’est considérable. Mais l’action militaire ne peut être l’unique solution. Il nous faut articuler présence militaire, pour sécuriser un certain nombre de zones, et politiques de développement, sans lesquelles il n’y aura pas de retour à une situation pacifiée. Nous voulons remettre l’Agence française de développement [AFD] au cœur de notre dispositif. Un conseiller de l’AFD est désormais détaché auprès du commandant de la force Barkhane.

Jeune Afrique