France: Canal+ condamné par le CSA pour un publireportage sur le Togo

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La chaîne française Canal+ a été condamnée mercredi 24 octobre par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour avoir fait un « éloge appuyé » de la politique économique du Togo.

La chaîne de télévision française devra diffuser, sous huit jours et hors week-end, un message rédigé par le CSA dans lequel le gendarme de l’audiovisuel français rappelle « l’exigence d’honnêteté qui s’applique à l’ensemble des programmes » de Canal+. A l’origine de cette condamnation, une vidéo de six minutes, sans titre et sans générique, consacrées au Togo, à sa stabilité politique, à ses infrastructures modernes, à son économie florissante.

Diffusée à un créneau pour le moins confidentiel, à 7h03, le 22 décembre dernier, elle aurait pu passer inaperçue si nos confrères du journal en ligne Les Jours ne l’avaient repérée. Selon leur enquête, quarante séquences de cette vidéo proviennent directement de la communication officielle du président togolais, Faure Gnassingbé.

Pour Jean-Baptiste Rivoire, rédacteur en chef à Canal+, cet épisode n’est malheureusement pas isolé.

« Le problème c’est que cela fait trois ans que ça dure : il y a eu l’organisation en Guinée d’un concert qui a permis de faire applaudir le candidat Alpha Condé, qui a ensuite été réélu président et qui a attribué un port à Vincent Bolloré ; la censure de l’enquête sur le bombardement de Bouaké en Côte d’Ivoire en 2004 ; la déprogrammation d’un reportage sur la mère d’Ali Bongo en 2017. Il y a eu tout un tas d’épisodes de censures. »

Canal+ n’en est en effet pas à son premier incident togolais. Fin 2017 déjà, un reportage sur la contestation politique dans le pays, diffusé dans l’émission L’Effet papillon, avait mystérieusement disparu des replays, le service de visionnage en ligne. La rediffusion de ce sujet en Afrique un mois plus tard avait ensuite valu leur licenciement à deux cadres de Canal+ International.

Il faut dire que Vincent Bolloré, le patron de la maison mère de Canal+, a quelques intérêts au Togo : une salle de spectacle, des zones d’activité économique ou encore la gestion du port de Lomé. L’homme d’affaires français est d’ailleurs mis en examen pour « corruption » dans une enquête française sur les conditions d’attribution de cette concession.

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