Fonds minier de développement local : Le groupe parlementaire UPC-RD plaide pour son effectivité

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Fonds minier de développement local : Le groupe parlementaire UPC-RD plaide pour son effectivité

L’or constitue le premier produit d’exportation du Burkina. En 2014, le secteur des industries extractives contribuait déjà à 61,9% des exportations de notre pays. En 2017, avec une dizaine de sociétés industrielles en exploitation, le Burkina était classé 5e pays producteur d’or en Afrique, avec 71% des produits d’exportation. C’est dire l’importance de l’activité minière au Burkina. Malheureusement, les populations ne bénéficient pas jusque-là de retombées significatives du boom minier.

Certes, 20% des taxes superficiaires payées par les sociétés minières sont reversées aux collectivités territoriales impactées par l’exploitation et l’exploration minière pour leur développement communautaire. Mais ce n’est pas assez. C’est pourquoi le code minier adopté en 2015, a prévu la création d’un fonds minier de développement local. Ce fonds tarde à voir le jour et les populations des communes impactées s’impatientent de plus en plus.

Les sources de revenus disparaissent sans espoir de lendemains meilleurs…

Fonds minier de développement local : Le groupe parlementaire UPC-RD plaide pour son effectivitéPourtant, l’implantation de sites d’exploitation de l’or induit d’énormes conséquences néfastes telles que le phénomène de déscolarisation et de travail des enfants, la dégradation de l’environnement, des nappes phréatiques et les répercussions potentiellement dangereuses sur la vie humaine et la santé publique. « Les zones d’exploitation minière présentent un paysage altéré par suite des déblaiements de terrains, du retournement des sols et de l’utilisation des produits chimiques comme le mercure et le cyanure.

Il est donc impensable que les populations n’en tirent aucun bénéfice substantiel, qu’elles voient leurs sources de revenus (champs et pâturage) disparaître sans espoir de lendemains meilleurs. Il est indispensable que les populations puissent disposer de leurs parts, à travers l’opérationnalisation du fonds minier de développement local », a martelé Daouda Simboro, le président du groupe parlementaire UPC-RD. C’est pourquoi les députés membres du groupe parlementaire UPC-RD ont choisi de plancher sur le thème « Contribution de l’exploitation minière au développement économique des collectivités territoriales : cas de la commune de Houndé ».

La commune de Houndé a la particularité d’abriter des usines d’égrenage de coton et d’exploitation aurifère. « Houndé vit les questions d’exploitation des ressources du sous-sol avec l’orpaillage encrée dans le tissu social, l’exploitation aurifère semi-mécanisée en pleine expansion et l’exploitation industrielle dont les activités sont récentes. C’est pourquoi Houndé peut servir de cas d’école pour mieux cerner plusieurs préoccupations d’intérêt national.
En délocalisant ces journées parlementaires dans la province du Tuy, l’UPC-RD fait œuvre utile », a confié Dissan Boureima Gnoumou, député-maire de Houndé, par ailleurs président du comité d’organisation de ces 2e journées parlementaires de l’année 2018.

Les présentes assises ont permis de canaliser les échanges sur les solutions et entraves majeures entre les pressantes questions existentielles de l’emploi et de l’alimentation et les défis actuels et futurs de la préservation de notre environnent et du devenir de nos sociétés face à la pression économique.

Nécessité d’une synergie dans la réflexion

Fonds minier de développement local : Le groupe parlementaire UPC-RD plaide pour son effectivitéLes représentants des autres groupes ont salué le choix de ce thème pour sa pertinence et son actualité. « Ce thème très pertinent nous interpelle sur la nécessité d’une synergie de réflexions et d’actions pour asseoir une politique économique et sociale adéquate et adaptée à même de favoriser une relance économique nationale avec une répartition équitable de la croissance.
Il interpelle surtout l’ensemble des acteurs de la vie nationale en ce qu’il transcende les considérations politiques et idéologiques dans la mesure où il s’agit de mener ensemble la réflexion pour l’amélioration des conditions de vie des populations à travers la mise en place d’une gestion efficiente des ressources minières dans notre pays », a souligné Ousmane Ouédraogo, représentant du groupe parlementaire PJRN (Paix, justice et réconciliation nationale).

Abondant dans le même sens, Lassina Ouattara, président du groupe parlementaire MPP, a reconnu que ce thème se veut concret et permettra de constater les acquis engrangés par la commune de Houndé du fait qu’elle abrite un site minier industriel et des sites artisanaux.
« Honorables députés du groupe parlementaire UPC-RD, c’est à votre honneur de tirer prématurément la sonnette d’alarme afin que Houndé soit un bel exemple de réussite pour toutes les parties prenantes, c’est-à-dire les investisseurs de la société minière, l’État et la commune de Houndé. Nous ne pouvons que vous réitérer nos vives félicitations et nos encouragements à examiner votre thème de manière holistique », a-t-il expliqué.

Michel Badiara, représentant du groupe parlementaire Burkindlim, dit espérer que ses journées parlementaires débouchent sur « des recommandations et des propositions seront faites pour permettre à la commune de Houndé et à sa population de tirer le meilleur profit dans l’exploitation de l’or ».

Les recommandations

Fonds minier de développement local : Le groupe parlementaire UPC-RD plaide pour son effectivitéEffectivement, à l’issue des travaux, les députés ont formulé trois recommandations. Il s’agit de faire en sorte que l’arrêté inter-ministériel portant création des comités de suivi de l’utilisation des fonds issus du fonds minier de développement local, qui excluait les maires, soit relu pour prendre en compte les maires dans ces comités ; travailler à valoriser l’emploi local ; fédérer les actions du plan de développement communautaire de la société minière avec le plan communal de développement de Houndé.

Ces recommandations seront transmises au gouvernement et l’UPC-RD promet d’insister pour qu’elles puissent effectivement être mises en œuvre. « Nous sommes très satisfaits des conclusions de ces journées parlementaires ici à Houndé. Il y a une participation active des populations qui, avec leur franc-parler, ont permis d’aller au fond du sujet et d’aborder toutes les questions sensibles », a confié Ladji Coulibaly, le 1er vice-président du groupe parlementaire UPC-RD.
Avant de préciser : « Nous les députés, nous avons pris l’engagement de façon formelle pour aller remettre nos recommandations à qui de droit, en passant aussi par les plénières où nous allons faire interpeler tous les ministres, ne serait-ce que dans les questions orales ».

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Moussa Diallo
Lefaso.net

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