Financement de projets de développement : Le parlement autorise le gouvernement à contracter des prêts d’environ 60 milliards de francs CFA

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Financement de projets de développement : Le parlement autorise le gouvernement à contracter des prêts d’environ 60 milliards de francs CFA

Les élus nationaux ont d’abord examiné et adopté, à l’unanimité, le projet d’extension et de renforcement des réseaux électriques du Burkina Faso. Et, c’est le ministre de l’Energie, Alfa Oumar Dissa, qui est passé défendre son projet. Un projet dont la mise en œuvre vise à améliorer les conditions de vie des populations dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou ainsi que dans les régions du Plateau central, du Centre-Nord, du Sahel. Ce, grâce à l’accès à une électricité fiable à travers l’extension et le renforcement des réseaux de transport et de distribution. A travers le raccordement de 70 000 ménages au réseau électrique, l’opérationnalisation de ce projet permettra d’augmenter le taux national d’accès à l’électricité de 2% à Ouaga, Bobo et Koudougou. Il permettra également d’accroitre la capacité de transit du réseau dans les régions concernées de 20 MW en 2016 à 100 MW à l’horizon 2020 afin de faire face à la demande croissante dans les régions du Plateau central, du Sahel et du Centre-Nord.

Pour la mise en œuvre de cet « ambitieux projet » estimé à 38 millions de dollars US, le gouvernement a contracté un prêt auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour un montant de 27 millions de dollars. La contrepartie du gouvernement est estimée à un million de dollar, soit 3% du coût global. La durée d’exécution de ce projet est de quatre ans à compter de la signature de l’accord.

Construction et bitumage de la route Guiba-Garango

Le second projet de loi autorise l’exécutif à ratifier des accords de prêts auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour le financement de la construction et le bitumage du tronçon de la route nationale N°17 entre Guiba et Garango, longue de 72 km. Dans ce projet, il est aussi prévu la construction d’un nouveau pont sur le fleuve Nakambé, l’aménagement de 50 km de pistes connexes et la réalisation de murs de clôture pour les écoles et centres de santé qui jouxtent la route. L’objectif global du projet est de soutenir le développement du Burkina par le désenclavement de cette zone à fort potentiel de croissance économique.

Le coût total du projet est estimé à 47,29 millions d’euros, soit 31,020 milliards de francs CFA. La contrepartie nationale est de 2,27 millions d’euros, le reste est constitué de prêts accordés par la BID à travers les accords d’Istisna’a et des services Ijara. C’est le ministre des infrastructures, Eric Bougouma qui a défendu le projet de loi devant la représentation nationale. Tout en étant prudent sur le début de démarrage des travaux, il annonce début 2018, « si tout va bien ».

Construction de cinq barrages dans le Plateau central

Le 3e et dernier projet de loi adopté par les députés autorise le gouvernement à contracter un prêt auprès de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) avec une bonification de l’UEMOA pour permettre de réduire le taux d’intérêt. Le coût total de ce projet est estimé à 11,097 milliards de francs CFA. La contribution des institutions de micro-finance est évaluée à 216 millions de francs CFA et la contrepartie nationale est de 880 millions, soit 8% du montant global. La BOAD, elle, contribuera pour 10 milliards de francs CFA.

Le projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans la région du Plateau central consiste en la construction de cinq barrages à Wéotenga, Taba, Pougma, Kouldisgou dans la province du Ganzourgou et Niou dans la province du Kourwéogo. Aussi, il est prévu l’aménagement de 195,3 hectares en aval desdits barrages en vue de la production de riz, de maïs et des cultures maraîchères. Il est également prévu la production de poisson et des actions de renforcement des capacités des populations bénéficiaires et de protection de l’environnement.

L’objectif étant de contribuer à une croissance soutenue du secteur rural dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, du renforcement de la sécurité alimentaire et de la promotion d’un développement durable. « Nous sommes heureux que l’Assemblée ait adopté cette loi. Ça nous permettra d’avoir tous les instruments pour la mise en œuvre du projet. Cinq barrages, c’est important pour notre pays. On va mobiliser plus de 11 millions de mètres cube d’eau, c’est important. Chaque barrage va générer à peu près un milliard de francs de chiffre d’affaires par an », s’est réjoui le ministre de l’Eau et de l’assainissement, Ambroise Niouga Ouédraogo.
Le démarrage effectif des travaux est prévu pour décembre 2017 et les travaux devraient durer un an.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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