Examens finaux des élèves professeurs : La délégation générale élue menace d’aller en grève

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Examens finaux des élèves professeurs : La délégation générale élue menace d’aller en grève

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Chers collègues et chers amis,

La délégation générale élue des élèves stagiaires de l’ENS/UK voudrait par ma voix, vous dire merci de votre présence à cette conférence de presse autour du blocage dans l’organisation des examens finaux des élèves-professeurs de l’année scolaire 2015-2016.

En rappel, la formation des élèves-professeurs se déroule en deux phases :une phase théorique et une phase pratique. Durant la phase pratique, le stagiaire reçoit deux visites de classe (selon les textes) et subit un examen final.

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Chers collègues et chers amis,

Depuis deux ans maintenant, l’organisation des visites de classes et surtout des examens finaux rencontre d’énormes difficultés faisant ainsi souffrir le martyr aux élèves-professeurs. Ces examens qui doivent normalement se dérouler pendant les travaux scolaires se tiennent à peine même en fin d’année scolaire. Cette année ne fait pas exception. Jusqu’à cet instant même où se tient la présente conférence de presse la direction de l’ENS affirme être incapable de nous dire à quelle date se dérouleront les examens finaux à l’intérieur du pays (exception faite des villes de Ouagadougou et de Koudougou). Et la raison avancée, est celle du manque de moyens financiers (comme d’habitude !). Pourtant, l’on se souvient très bien que le président de l’UK Georges SAWADOGO annonçait cette année même sur les ondes de la radio nationale et avec fierté, avoir réussi à économiser plus de 100.000.000fcfa, en n’organisant qu’une seule visite de classes au lieu de deux. D’où nous vient alors ce manque de moyens financiers ?

Du reste, l’un des arguments avancés par les autorités universitaires et celles du Ministère des Enseignements Secondaire et Supérieur lors de l’atelier sur les stages pratiques tenu à Koudougou les 24 et 25 août 2015, pour soutenir la suppression de l’une des deux visites de classes est de favoriser un bon déroulement des examens finaux. Comment se fait-il alors que malgré tout, l’organisation de ces examens finaux connaisse des blocages ?  

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Chers collègues et chers amis,

Comment comprendre que pendant que l’on soutient qu’il n’y a pas de ressources financières pour assurer la formation de ceux-là même qui sont appelés à former les futurs cadres du pays, l’on trouve des centaines de millions pour partager aux partis politiques pour leurs activités hors campagnes électorales ? La priorité accordée à l’éducation serait-elle un leurre ou de la poudre aux yeux ? Le constat qui se dégage est clair : contrairement aux déclarations politiques, l’éducation est loin d’être une priorité pour nos autorités ! Pourtant, elle est si importante et fondamentale qu’elle doit être placée non pas au rang de priorité, mais de celui d’urgence.

Le problème que nous posons n’est pas un problème corporatiste. Il ne concerne pas seulement les élèves-professeurs. Il touche toute la nation entière. Car, si l’on a un système éducatif de bonne qualité, c’est la nation toute entière qui en sera la bénéficiaire. Et si au contraire, l’on a un système éducatif de mauvaise qualité, c’est encore la nation toute entière qui en fera les frais ! Cette cause n’est donc pas une cause des seuls élèves-professeurs. Elle est une cause de la nation toute entière, une cause de tout le Peuple burkinabè ! Il faut donc la traiter avec la plus grande attention et la plus grande diligence.

C’est pourquoi :
 Nous interpellons les autorités en charge de l’éducation, afin qu’elles mettent à la disposition des encadreurs pédagogiques les fonds nécessaires au déroulement des examens finaux dans un bref délai ;
 Nous appelons l’ensemble des élèves-professeurs d’une part, à se retrouver en assemblées générales dans leurs zones respectives (collèges, lycées, etc.) afin de discuter davantage de la situation et nous faire parvenir dans de brefs délais, les conclusions de leurs analyses ; et d’autre part, à se tenir prêts pour toutes actions fortes que commanderait l’évolution de la situation ;
 Nous sollicitons l’accompagnement et le soutien de nos aînés enseignants à travers leurs organisations syndicales.

Nous prenons l’opinion publique nationale à témoin sur une éventuelle dégradation du climat social dans les établissements scolaires du pays, si rien n’est fait pour une réalisation diligente des examens finaux.

NON au sabotage des examens finaux des élèves-professeurs !
NON à la formation au rabais des élèves-professeurs !
NON à la clochardisation de l’enseignant burkinabè !
Non à une éducation au rabais !
Je vous remercie.

Lefaso.net