EPCO : le maire destitue le directeur

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Afin de dénoncer la mauvaise gestion de son  directeur, Baba Ouattara, des agents de l’Etablissement public communal pour le développement de Ouahigouya   (EPCD) ont organisé un sit-in, le vendredi 11 août 2017, devant ledit établissement. Ils disent que le directeur aurait coupé illégalement le  salaire d’un des leurs.

Le vendredi 11 août 2017, a été une journée mouvementée à l’Etablissement public communal pour le développement (EPCD). Des agents rassemblés devant le siège de leur structure, tenaient des pancartes sur lesquelles, on pouvait lire les faits qu’ils reprochent à leur directeur, Baba Ouattara. Ils ont dénoncé les abus du bien commun, la gestion «dictatoriale» de leur directeur…Ils ont réclamé à travers des slogans, le rétablissement du salaire de leur camarade «illégalement» coupé. Selon eux, tant que le salaire de leur collègue ne sera pas rétabli, le directeur n’aura pas accès à son bureau. Les frondeurs ont dit être également frustrés, du fait que le directeur les qualifieraient de « sans niveau », et qu’il se séparera d’eux afin de recruter un personnel  plus qualifié.
Selon les explications, l’agent dont le salaire a été coupé a assuré la gestion du grand marché pendant trois ans, avant le recrutement d’un nouveau gestionnaire. Le directeur aurait estimé que l’agent ne jouirait pas de toutes ses facultés mentales et il a fait appel à la gendarmerie pour des investigations sur son état de santé. Après plusieurs interrogatoires, l’agent a dit avoir été à maintes reprises aux services de psychiatrie au centre hospitalier régional de Ouahigouya sur ordre de la gendarmerie pour attester de son bon état de santé. C’est pendant ses absences pour se rendre au CHR, à la gendarmerie et à son service, que le directeur a coupé son salaire. D’après les manifestants, il n’est pas question de tolérer cette forfaiture. Les commerçants du grand marché sont massivement sortis pour soutenir la lutte du personnel de soutien de l’EPCD. Au moment où les agents étaient postés devant le siège de l’EPCD, le grand marché n’était pas ouvert. Le personnel qui s’occupe de l’ouverture du marché a dit observer un arrêt de travail et attend que le mot d’ordre soit levé.

Désamorcer la crise

Afin de désamorcer la crise, le maire de la commune de Ouahigouya, Basile Ouédraogo, revenu précipitamment de Ouagadougou, a entrepris une série de rencontres avec les différents protagonistes. Il a décidé de démettre le directeur de l’EPCD de ses fonctions. A entendre le maire, au cours du point de presse qu’il a tenu avec les journalistes , le vendredi 11 août 2017, les travailleurs et les commerçants en voulaient « terriblement » au directeur de l’EPCD. Au regard de la situation, Basile Ouédraogo dit avoir pris une décision courageuse en démettant le directeur de ses fonctions afin de désamorcer la crise et d’apaiser le climat social. Il a fait savoir que cette décision est loin d’être un aveu d’impuissance, mais elle se justifie par le  fait que le directeur est détesté  par tous ses collaborateurs. A propos de la suspension du salaire de l’agent de l’EPCD, le maire a dit avoir  été informé que l’agent avait  abandonné son service pendant  trois mois. C’est compte tenu de cette situation qu’il a  invité le directeur de l’EPCD à prendre ses responsabilités. Mais aux travailleurs, il leur a dit qu’ils sont allés trop loin en fermant le marché, un lieu qui reste le poumon économique de la ville. « Le comportement des travailleurs est inconcevable et intolérable, je ne saurai cautionner cela », s’est-il indigné. Le maire a annoncé la nomination d’un intérimaire en attendant le lancement d’un test de recrutement d’un nouveau directeur. Pour Basile Ouédraogo, la préservation de la paix sociale n’a pas de prix.
Aux commerçants, le maire les a mis en garde contre toute tentative de profiter de cette situation pour poser des revendications «maximalistes». Ces derniers exigent la restitution d’une boutique servant de siège pour la radio du marché. Selon eux, elle a été attribuée illégalement à un commerçant par le directeur destitué qui l’aurait vendue à 7 millions de F CFA. « Les boutiques du marché sont à louer, mais pas à vendre », a informé le maire. Tout en réfutant cette version, il a promis de mener des enquêtes. « Et s’il s’avère que la boutique a été monnayée, son auteur remboursera », a-t-il ajouté. Les commerçants ont donné un ultimatum (jusqu’au  lundi 14 août) pour la restitution de la boutique. Ils ont exigé également que la gestion du marché soit confiée à la mairie.
 

Ibrahim ZAMPALIGRE

sidwaya.bf