Entrepreneuriat agricole : « que les femmes s’y mettent parce qu’il n’y a plus d’ouvriers agricoles »

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Elle est certainement l’une des pionnières dans l’entrepreneuriat agricole au Burkinabè Faso. Martine Sawadogo, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est responsable achat-vente du groupe Bioprotech, une société qu’elle a créé avec son époux et qui fait dans la recherche, la production et la commercialisation de produits agricoles. Elle est par ailleurs promotrice de « panier bioprotect », une filiale de Bioprotech qui fait la livraison de légumes bio dans les familles et services.
« Bioprotech » est l’œuvre d’une jeune dame pleine d’ambitions dans le domaine agricole. Un choix qu’elle a fait pour palier selon elle, à une situation : « nous perdons aujourd’hui nos terres au profit de ce qui vient de l’extérieur. Et pourtant, plus de 80% de Burkinabè sont dans l’agriculture ». Un défi que compte relever Mme Sawadogo avec le concours de toutes les filles et fils du Faso. Faisant fie de son côté féminin qu’elle qualifie d’ailleurs de « don de Dieu », Martine Sawadogo estime que ce sont les femmes qui empâtissent lorsque les enfants tombent malade en consommant les aliments produits avec des intrants chimiques. Par conséquent, « il est donc nécessaire que chaque Burkinabè s’y mette parce qu’il n’y a plus d’ouvriers agricoles », affirme-elle. Même si elle reconnait qu’entreprendre pour une femme n’est pas du tout facile, Martine Sawadogo dit être fier de son activité, malgré son maigre revenu. L’essentiel étant la santé qui n’a pas de prix selon elle.

Dans ce secteur où elle excelle depuis bientôt une dizaine d’année, Martine Sawadogo espère être un exemple pour la gente féminine. Lauréate du 2è prix de l’innovation à la 3è foire agro-sylvo-pastorale de Kienfangué le 21 février dernier, Martine Sawadogo fait le bonheur d’une vingtaine de famille. Sa société « Bioprotech » emploie 10 personnes à temps plein et plus de 10 personnes à temps partiel. Malgré les difficultés liées au manque d’accompagnement du gouvernement et le coût élevé des taxes fiscales, Mme Sawadogo n’entend pas baisser les bras. « Nous y arriverons parce que j’y crois fermement ». Toutefois, elle invite l’Etat burkinabè à revoir la fiscalité et à organiser la commercialisation afin de permettre aux jeunes de s’investir dans ce secteur qu’elle qualifie de « porteur ». « Tout le monde veut être commerçant sans vouloir travailler dans l’agriculture alors que c’est une richesse naturelle », foi de Martine Sawadogo.

Abel AZONHANDE

Fasozine