Egypte: Une loi pour surveiller ceux qui sont très suivis en ligne

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Le Président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a promulgué une loi portant réglementation de la presse et des médias. Cette nouvelle loi devrait permettre aux autorités de surveiller notamment certains comptes d’utilisateurs de réseaux sociaux, a rapporté samedi 1er septembre 2018 le journal officiel repris par plusieurs médias dont BBC et LeMonde.fr.

Le Conseil supérieur de régulation des médias d’Egypte pourra bloquer des comptes et des sites. Les internautes consultant des pages interdites encourent également amende et peine d’emprisonnement.

Une nouvelle loi vient d’être promulguée à cet effet. Selon cette loi, votée au préalable par le Parlement en juillet 2018, toute personne ayant plus de 5.000 abonnés en ligne, sur un site personnel, un blog ou sur les réseaux sociaux, pourra être surveillée par les autorités.

Le Conseil supérieur de régulation des médias sera autorisé à suspendre ou bloquer ces sites ou comptes s’il juge qu’ils « publient ou diffusent de fausses nouvelles » ou « incitent à la violence, à la haine ou à violer la loi ».

Pour rappel, plus de 500 sites d’informations ou d’ONG sont actuellement bloqués en Egypte, selon l’Association pour la liberté de pensée et d’expression (AFTE), sise au Caire, la Capitale du troisième pays le plus peuplé d’Afrique derrière le Nigeria et l’Éthiopie.

Plusieurs internautes et blogueurs, critiques du gouvernement égyptien ou connus pour leurs commentaires ou dessins satiriques, ont aussi été arrêtés et placés en détention. Les autorités leur reprochent d’appartenir à des « groupes interdits » ou de diffuser de « fausses nouvelles ».

L’ONG Amnesty International prévenait en juillet dernier que ces lois ou projets de lois portaient atteinte à la liberté d’expression. Dans un contexte sécuritaire et économique tendu, les autorités affirment de leur côté vouloir lutter contre le terrorisme et tout ce qui nuit, selon elles, aux intérêts de l’Egypte des Pharaons.

« Il y a des règles qui doivent régir un peu notre communication. Il y a des pays qui ont fait le choix de réglementer ces réseaux sociaux. Le Burkina n’est pas dans cette logique. Il faut cependant rappeler aux uns et aux autres qu’il y a des limites à ne pas franchir parce que la justice peut s’appliquer dans ces cadres-là », insistait en mars 2017 le ministre burkinabè de la communication, Remis Fulgance Dandjinou estimant que ce qui est illégal hors ligne l’est aussi en ligne.

Noufou KINDO

Burkina 24

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