Education pour tous au Burkina : Avec Arlette, l’inclusion sociale est une réalité

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Education pour tous au Burkina : Avec Arlette, l’inclusion sociale est une réalité

Le droit à l’éducation pour tous les enfants, quel que soit leur handicap, est un droit fondamental. Ce principe est bien compris par l’école catholique de Manga, qui accueille en son sein des élèves en situation de handicap. L’atout qui fonde l’espoir de cette école, c’est le programme de Réhabilitation à base communautaire (RBC). Parmi les élèves en situation de handicap, la jeune Arlette. Elle a toutes ses facultés intellectuelles, mais ses pieds sont endormis. Malgré son handicap et son jeune âge, elle rêve, un jour, d’embrasser une carrière dans le domaine de la santé.

Il est 10 h à l’école catholique de Manga. La cloche sonne l’heure de la récréation. Quelques minutes après, la cour de l’école est bondée de bambins. Ça court dans tous les sens, sans destination précise. De loin, on aperçoit une fillette âgée de 9 ans, se déplaçant en fauteuil roulant. Elle répond au nom d’Arlette Tiendrébéogo, élève en classe de CE2. Assistée par des camarades de classe, elle se dirige vers nous, l’air un peu méfiant. Nous l’accueillions par le sourire. Dès lors, elle prend confiance et nous conduit auprès de sa mère, assise au petit marché de l’école.

Après les salutations d’usage, la dame explique : « Durant ma grossesse jusqu’à l’accouchement, je n’ai pas eu de problème. Mon enfant aussi était en pleine forme ». Constatant les difficultés de sa progéniture à faire des mouvements au niveau des pieds, quand elle avait huit mois, sa mère, soutenue par son père, se tourne vers des professionnels de la santé, pour expliquer la situation d’Arlette.


Des examens réalisés, les résultats sont concordants : « Arlette n’a pas de problème particulier ». Pourtant, la « petite », issue d’une famille de quatre enfants, est clouée au sol. Est-ce un sort ou une volonté divine ? Les parents s’en remettent à Dieu. Et le temps s’écoule comme les flots d’une rivière Sans toutefois réussir à résoudre le problème qui se pose à Arlette et à ses parents. Pour autant, sa situation ne la prive pas du chemin de l’école Arlette a un rêve : devenir médecin. Et pour y parvenir, elle sait qu’elle a une longue marche à faire. Pour l’instant, ses capacités sont reconnues par ses enseignants. « En classe, elle travaille bien. Il suffit seulement qu’elle soit attentive pour faire des merveilles », confie sa maitresse, Jeanne Compaoré.

En plus d’être une élève exemplaire, elle est adulée par ses camarades qui font de leur mieux pour lui venir en aide en cas de besoin ; comme par exemple, lorsqu’elle veut aller se soulager. Cette attitude des camarades de classe d’Arlette, l’enseignante l’apprécie à sa juste valeur : « Ce sont des actes de solidarité, d’entraide et de fraternité. Et si les enfants grandissent avec cet esprit, c’est bon pour la société ».


Pour mémoire, la toute première fois qu’Arlette mettait les pieds dans cette école, les choses n’étaient pas aussi faciles. « Elle ne voulait pas s’approcher de la classe à cause de son handicap. Elle ne voulait pas non plus venir à l’école avec son vélo », se souvient toujours celle qui, depuis quatre ans, est chargée de transmettre des connaissances à Arlette ainsi qu’à ses camarades de l’école catholique de Manga.

Mais du fait de conseils avisés, Arlette domine sa gêne et opte définitivement pour son moyen de déplacement, le fauteuil roulant. Dans cette école, elle trouve alors compréhension, ouverture et chaleur humaine. Néanmoins, en classe, des difficultés ne manquent pas de se poser à « la petite ».

Son table-banc n’est pas adapté à son handicap. Egalement, la disposition des rampes d’accès réalisées dans le cadre d’un projet de Light for the world, ne favorise pas l’intégration directe de l’écolière en classe, sans l’assistance de ses camarades. Mais qu’à cela ne tienne, Arlette fait tout pour s’en accommoder ! Au prix d’efforts quotidiens certes, mais réconfortée par le soutien de ses camarades de classe.

Mais si le défi de la scolarisation d’Arlette est relevé, son enseignante, Jeanne Compaoré, appelle à gagner celui de son intégration en milieu ordinaire. A ce propos, la maman de la jeune fille rassure : « Dans mon quartier, ma fille est acceptée par tout le voisinage ».


Le programme de Réhabilitation à base communautaire (RBC) de Manga promeut l’inclusion des personnes en situation de handicap. A ce titre, les enfants dans ce cas, sont identifiés et orientés vers l’école catholique de Manga, pour leur prise en charge scolaire. De nos jours, cette école compte parmi ses apprenants, une trentaine d’enfants présentant divers types de pathologies (handicap associé, auditif, mental, etc.). Ces derniers sont souvent accueillis à un âge un peu avancé. Le directeur de cette école catholique A, Alain Pama, a reçu une formation en 2011, sur la scolarisation des enfants en situation de handicap auditif, mais pas pour ce qui concerne les autres cas. Pour lui, l’école est un excellent moyen de socialisation.

« Après, ceux qui peuvent s’en sortir, on les accompagne sur le plan pédagogique. Il y a deux élèves en situation de handicap que nous avons pu présenter l’année surpassée au CEP. Ils ont été admis et actuellement ils sont au Centre d’éducation et de formation intégrée des sourds et des entendants », a-t-il fièrement noté. Son vœu, « une société où tous les enfants, en situation de handicap ou non, iraient dans les mêmes écoles et apprendraient à valoriser le potentiel de chacun ; et où la vie d’un ‘’enfant handicapé’’ pourrait être transformée, grâce à une éducation de qualité ». C’est aussi la vision de l’éducation pour tous, portée par l’ODD4. Cette vision recommande la conjugaison des efforts, aux fins de parvenir collectivement à cultiver et à garantir l’inclusion du handicap.

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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