Économie : Une association de commerçants dénonce des pratiques frauduleuses à la frontière Burkina-Togo

192

Économie : Une association de commerçants dénonce des pratiques frauduleuses à la frontière Burkina-Togo

L’intention de l’Association Yamwécré des jeunes commerçants est de dénoncer une pratique frauduleuse des marchandises au niveau de la frontière qui sépare le Burkina Faso et le Togo (Cinkassé), qui occasionne une concurrence déloyale sur le marché burkinabè. Selon la correspondance, la pratique vise à « déstabiliser le commerce et à causer un énorme manque à gagner à l’économie burkinabè ».

« En effet, nous avons constaté ces derniers temps une nouvelle stratégie frauduleuse de transport de marchandises via le Togo, à destination du marché burkinabè », informe le communiqué. Et de préciser qu’au départ, ce sont des transporteurs qui acheminent des marchandises jusqu’à la frontière Togo-Burkina. « Ensuite, ces marchandises sont transportées dans des véhicules de transport en commun en quantité avec juste une dizaine de soi-disant passagers ».

Tout au long du trajet Cinkassé-Ouagadougou, ces « fraudeurs » ne sont pas inquiétés par les douaniers installés aux différents postes de contrôle, selon Harouna Kaboré, membre l’Association Yamwécré des jeunes commerçants. « Nous signalons que des douaniers sont de mèche avec ces fraudeurs dans le seul but de s’enrichir personnellement au détriment de l’économie burkinabè », interpelle le président de l’association, Mahamadi Congo.

Au vu de ce constat, l’association lance « un appel aux autorités compétentes pour qu’elles trouvent des voies et moyens pour mettre fin à cette pratique qui déstabilise le commerce et qui appauvrit considérablement l’économie burkinabè ».

D’autres conséquences ?

Outre la dénonciation de cette pratique frauduleuse, ces commerçants nous ont fait d’autres révélations.
En effet, toujours à les en croire, des produits interdits au Burkina Faso sont acheminés par ce circuit. « Vous voyez par exemple, nous sommes à la saison pluvieuse. Il y a des herbicides, qui ne respectent pas les normes environnementales, qui sont interdits ; les armes, la drogue, etc. passent par ces pratiques pour entrer », a confié Harouna Kaboré.

À la question de savoir s’il a la preuve de ce qu’il avance, M. Kaboré répond que « ceux qui sont à la frontière le savent. Le fait que Cinkassé pratique la fraude, ce n’est un secret pour personne ». Selon Harouna Kaboré, les commerçants qui s’adonnent à cette pratique n’ont aucune raison pour contourner les mesures douanières si ce n’est qu’importer des produits prohibés.

Les autorités sont-elles informées de cette pratique ? L’Association Yamwécré des jeunes commerçants répond par l’affirmative. Harouna Kaboré a indiqué que le 6 avril dernier, ils ont eu une rencontre avec le directeur général des douanes, au cours de laquelle cette information a été portée à qui de droit. C’est avec regret qu’ils constatent que cette pratique se perpétue.

Bien vrai que de nos jours au Burkina Faso, même si certaines Organisations de la société civile (OSC) perdent la crédibilité, car elles sont taxées d’appartenance politique, une telle révélation doit être prise au sérieux. Le contexte sécuritaire voudrait que tout acte suspect dénoncé fasse l’objet d’un traitement rigoureux, car il y va de l’intérêt national.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

Lefaso.net