Économie : e-payment, l’autre solution pour payer ses impôts

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Économie : e-payment, l’autre solution pour payer ses impôts

Pour mémoire, en 2016, le ministère de l’Économie et des Finances signait avec l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina Faso (APBEF-BF) une convention d’ouverture de compte de receveur de la Direction générale des impôts (DGI). Ceci, en vue de la sécurisation des recettes fiscales. Dans la même dynamique, la DGI a procédé au lancement de la plateforme de téléprocédure e-syntaxe, le 12 avril dernier. Cette plateforme, faut-il le souligner, ne permettait pas les paiements en ligne.

C’est fort de cela et soucieux de l’amélioration continue des services rendus aux usagers que Mme le ministre Rosine Coulibaly et Martial Goeh-Akue, présidente de l’APBEF-BF, ont signé une convention dénommée e-payment. C’était dans la matinée du mardi 19 juin 2018, à Ouagadougou.

Économie : e-payment, l’autre solution pour payer ses impôtsCe projet ambitieux et innovant vient à point nommé, à en croire le DGI, Adama Badolo. « Notre système fiscal est déclaratif. Donc chaque contribuable doit inscrire ses déclarations. Mais jusqu’à présent, ces déclarations étaient faites dans nos guichets.
Les gens venaient, ils s’alignaient et ça prenait du temps. Des difficultés à la fois pour les contribuables et pour nos services », a-t-il justifié. Désormais, avec e-payment, les contribuables gagneront en temps et en énergie. En effet, ils pourront rester chez eux pour déclarer et payer leurs impôts en ligne.

Disposant d’un système sécurisé, les banques sont au cœur de ce projet.
« Les établissements financiers sont, par leurs investissements et innovations, les chefs de file naturels de la filière numérique financière. Le digital accélère les usagers et transforme la relation sans en changer les fondements qui caractérisent depuis toujours notre modèle : la proximité, la confiance et la sécurité », rappelle le président de l’APBEF-BF, Martial Goeh-Akue, pour qui e-payment devra propulser le Burkina Faso au rang des meilleurs pays africains en termes de qualité de service aux contribuables (…).

Économie : e-payment, l’autre solution pour payer ses impôtsLe revers de la médaille, cependant, est la connexion à Internet, qui, faut-il l’avouer, constitue une « vraie galère » pour les Burkinabè. Malgré tout, M. Badolo s’est montré optimiste quant à l’avenir du projet ambitieux. « Même si notre réseau administration est défaillant, les déclarations peuvent toujours être faites, les paiements peuvent aussi se faire.
On peut dire que les réseaux ne sont pas très performants mais ça marche plus ou moins avec les téléphones, Facebook, Tweeter, WhatsApp. Les gens sont permanemment connectés.
Avec ces connexions, ils peuvent faire sans difficultés leurs déclarations mais également payer leurs impôts ». Il faut noter que la présente signature de convention est le fruit des travaux menés par la commission ad hoc de l’APBEF-BF avec les services techniques du MINEFID pour encadrer la mise en œuvre de cette plateforme.

Économie : e-payment, l’autre solution pour payer ses impôts« E-payment est notre projet commun. Nous avons travaillé plus de deux mois et demi en commission sur les volets technique et juridique. Nous avons passé en revue tous les process, les questions sécuritaires, de droit, de télécompensations et de délais », a résumé M. Goeh-Akue.
Après avoir salué cette détermination, il a réaffirmé leur volonté de poursuivre l’accompagnement du projet jusqu’à sa mise en production. « Nos équipes restent disponibles pour rendre cette plateforme sécurisante et pleinement fonctionnelle », a-t-il renchéri, soutenant qu’une participation de l’APBEF-BF à une campagne de communication d’envergure devra faciliter l’adhésion de la clientèle à ce nouveau service digital.

Mme le ministre en charge de l’Économie a, pour sa part, souhaité bon vent à l’initiative. « Pour ceux qui étaient très sceptiques pour dire qu’il faut arrêter les reformes, j’espère qu’ils vont s’associer à nous pour savoir que lorsqu’on n’avance pas, on recule. Le monde avance. Nous devons avancer au rythme du monde », a-t-elle adressé aux « antagonistes » des réformes administratives.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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