Eau et assainissement: un collectif de la société civile décrypte les engagements du gouvernement

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Le Secrétariat permanent des organisations non-gouvernementales (Spong) à travers son groupe de travail Aepha (Accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement) avec le soutien de WaterAid, a organisé le mardi 10 juillet 2018, une rencontre d’échange de la société civile et des médias pour le suivi des performances des programmes du secteur de l’eau et de l’assainissement au Burkina Faso.

Cette rencontre s’est tenue en prélude à un dialogue avec les pouvoirs publics sur les engagements pris. Les objectifs de ces échanges entre journalistes et acteurs de la société civile étaient, entre autres, d’évaluer sur la base des engagements du gouvernement et du rapport de performance du secteur eau et assainissement, les progrès accomplis et les insuffisances identifiés dans le cadre de l’atteinte de l’ODD 6 ( cet objectif vise un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2030, Ndlr) et d’examiner et formuler des recommandations de la société civile sur le niveau de respect des engagements nationaux et internationaux en matière d’Aepha au Burkina Faso.

« Le gouvernement a fait son bilan à mi-parcours dans le quel il a montré comment il a travaillé et sur le respect de ses engagements électoraux. Au niveau de la société civile et des médias, nous avons jugé utile de nous réunir afin de produire un rapport alternatif car nous ne pouvons pas seulement prendre en compte ce que le gouvernement a fait comme bilan qui est le sien. On doit également essayer d’avoir un regard critique afin de dire ce que nous pensons de ce bilan » a fait savoir Célestin Pouya, chef du département plaidoyer et campagne à WaterAid Burkina.

Les participants à l’atelier ont eu droit à deux communications : l’une sur le rapport de performance annuelle 2017 du secteur de l’eau et de l’assainissement et l’autre sur la présentation de l’état de la mise en œuvre des engagements du chef de l’Etat dans le cadre du Présimètre. 

Selon le rapport de performance annuelle 2017, le taux national d’accès  à l’eau potable était de 73,4% alors que l’objectif était d’atteindre 73,5%. Si l’objectif d’atteindre le taux de 66% d’accès à l’eau potable en milieu rural a été atteint, cela n’est pas le cas en milieu urbain dont le taux est de 91,6% sur une cible de 94%. Le gouvernement n’a pas également atteint ses objectifs en matière de taux d’équipement des écoles et des centres de santé et en point d’eau potable. Et à en croire au sondage réalisé par le Centre de gouvernance démocratique dans le cadre du Présimètre, l’exécutif n’a pas respecté ses engagements. 

Selon l’exposé fait l’expert, l’objectif de « 0 corvée d’eau et l’accès universel  à l’eau potable» voulu par le chef de l’Etat ne sera pas atteint d’ici la fin de son mandat.

Il explique : « la cible de 79% d’accès à l’eau en 2020 inscrite dans le PNDES n’est pas cohérent avec l’engagement de « corvée zéro » qui correspondrait à 100% de taux d’accès promis en 2020. La cible du gouvernement pour 2017 est 73,5%. Le rapport du Cadre Sectoriel de dialogue  donne un taux d’accès de 73,4% en 2017 contre 72,4% en 2016. Si l’on considère cette progression 1 point par an, on semble être loin de réaliser l’engagement de 100% de taux d’accès ou corvée zéro en 2020 ».

Pour Célestin Pouya, au vu des chiffres et des perspectives, le gouvernement n’atteindra pas le taux escompté et ne tiendra pas ses engagements au plan national et international : « si on obéit à cette progression d’un point par année, on ne pourra pas atteindre le taux de 100% d’accès à l’eau potable ni même l’objectif du PNDES qui est de 79, 9%. Si on regarde au niveau de l’assainissement, nous sommes aujourd’hui à 21,6%, ce qui est loin des engagements du programme présidentiel en termes de taux d’accès d’assainissement dont l’objectif en milieu urbain est de 80% et 50% en milieu rural ».

Et de l’avis de M. Pouya citant le sondage du Présimètre, les populations enquêtées à 63% ne sont pas satisfaites du respect des engagements de l’exécutif en matière d’eau potable et d’assainissement.Et pour rectifier le tir, le collectif d’OSC et de médias vont publier dans les jours à venir une déclaration commune invitant officiellement le gouvernement à respecter ses engagements nationaux et internationaux dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. A l’issue de cette déclaration, interviendra le dialogue direct avec les pouvoirs publics sous forme de plaidoyer.

 

Fasozine