Droits humains et droit international : Des ministères du Burkina s’approprient les recommandations de l’Examen périodique universel

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Droits humains et droit international : Des ministères du Burkina s’approprient les recommandations de l’Examen périodique universel

Dans le souci d’améliorer la situation des droits humains dans tous les pays, l’Assemblée générale des Nations unies, dans sa Résolution 60/251, a adopté, le 15 mars 2006, l’Examen périodique universel (EPU). Cet examen est à l’origine de la création du Conseil des droits de l’homme. L’EPU est un mécanisme coopératif basé sur les principes d’universalité, d’impartialité, d’objectivité, de non-sélectivité et de traitement égal de tous les États. « Il constitue, jusqu’à ce jour, une plateforme idéale permettant à tous les États de se soumettre à une évaluation objective de leurs obligations en matière des droits humains, y compris des politiques et programmes y relatifs », a indiqué le ministre en charge des Droits humains, René Bagoro.

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René Bagoro, ministre en charge des Droits humains(1)

À ce titre, le Burkina Faso, à l’instar des autres États membres de l’ONU, s’est soumis, depuis 2008, à cet examen périodique. Durant 48h, les représentants de chaque ministère vont émettre des propositions afin de permettre au Comité interministériel des droits humains et du droit international humanitaire (CIMDH) de mieux assurer la mission qui lui est assignée en matière de coordination des actions de droits humains des différents départements ministériels.

Selon le ministre Bagoro, cet atelier initié par le Secrétariat permanent du Comité vise à lancer le processus de réflexion sur le rôle statutaire du CIMDH, qui est d’assurer la coordination des actions entreprises par les départements ministériels en matière de droits humains.

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La Secrétaire permanente du CIMDH, Julie Francine Yonli

À entendre Julie Francine Yonli, secrétaire permanente du CIMDH, il va s’agir, dans un premier temps, au cours de cet atelier, de présenter le mécanisme de l’EPU. À la suite de cela, les recommandations à proprement dites vont être présentées ; s’en suivra le mécanisme d’élaboration et de suivi des différents rapports ; et enfin, les participants des différents ministères vont échanger sur la stratégie nationale de mise en œuvre et de suivi des recommandations de l’EPU. Aussi, elle rappelle qu’il y aura des travaux de groupes pour identifier la contribution exacte du CIMDH à la mise en œuvre de ces recommandations.

Le Burkina Faso, un bon élève…

Depuis sa soumission à cet exercice en 2008, le Burkina Faso a enregistré 165 recommandations dont il a accepté 138 lors de son second passage en 2013. À la date du 31 décembre 2017, le taux de mise en œuvre des recommandations acceptées se situait à 92%, a signifié le ministre Bagoro.

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Une vue des participants

Conformément au calendrier établi par le Conseil des droits de l’homme pour le troisième cycle qui a débuté en mai 2017, l’examen du Burkina a eu lieu le 7 mai 2018. À l’issue de la présentation du rapport dont le processus a pris fin en septembre 2018, René Bagoro a indiqué que 204 recommandations ont été adressées au Burkina parmi lesquelles 184 ont été acceptées et 20 ont été notées. Pour être plus précis, le ministre en charge des Droits humains a signifié qu’une recommandation notée est celle qui est refusée. C’est un terme diplomatique. « Les recommandations notées sont celles qui s’accommodent peu, pour l’instant, aux réalités socio-culturelles et économiques de notre pays », a conclu le ministre.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

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