Droit au logement : La CADDL veut marcher sur le Premier ministère le 16 mai

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Droit au logement : La CADDL veut marcher sur le Premier ministère le 16 mai

La section Bogodogo de la Coalition des associations de défense pour le droit au logement (CADDL) a animé un point de presse, ce mardi 14 mai 2019 à Yamtenga, dans l’arrondissement 11 de Ouagadougou. Les responsables de la coalition ont annoncé une marche sur le Premier ministère, le 16 mai. Ce fut aussi l’occasion pour les conférenciers de revenir sur la sortie du ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Maurice Bonanet, le 7 mai dernier.

Promesses non tenues du président Roch Kaboré d’apurer le passif du foncier urbain dans les six mois qui ont suivi son élection ; tentatives de déguerpissement à Ouagadougou, notamment à Gargin, Silmiougou, Yamtenga et Gougdrin ; tracasseries juridico-policières incessantes dans les arrondissements 10, 11 et 12 ; mise en place « unilatérale » de la commission ad’hoc du ministre Bonanet , etc. Ce sont autant de griefs soulevés par la section Bogodogo de la Coalition des associations de défense pour le droit au logement (CADDL) pour justifier la marche-meeting du 16 mai sur le Premier ministère.

Des participants

Cette manifestation vise à réclamer au chef du gouvernement, la prise en compte de la plateforme revendicative de la coalition, remise à l’issue de la marche-meeting du 5 avril 2018. Pour la CADDL, un an après, c’est le statu quo. Elle n’a pas été reçue par le ministère en charge de l’Habitat pour évoquer les points de son document.

Ainsi, face à cette attitude du gouvernement, le porte-parole de la coalition, Moussa Hermann Konkobo, estime que « le gouvernement ne nous laisse aucun choix que de nous organiser et de nous battre véritablement pour la prise en compte de nos préoccupations en matière de droit au logement ».

Dans sa plateforme revendicative, la CADDL propose, entre autres, d’apurer le passif foncier avec des audits des terrains en collaboration avec la coalition, d’attribuer les parcelles aux résidents, de stopper les activités des sociétés immobilières et de construire des logements sociaux pour la population. Elle veut aussi comprendre où le gouvernement en est avec les audits sur le foncier, le travail des commissions ad hoc et la loi sur le bail locatif.

Des journalistes lors de ce point de presse

« La question du foncier est comme une poudrière… »

Cette marche-meeting du 16 mai, qui partira de la Bourse du travail en direction du Premier ministère, « est la résultante des multiples frustrations dans les revendications relatives au droit au logement ». À la primature, la coalition compte remettre sa plateforme revendicative au chef du gouvernement et l’interpeller sur la nécessité de l’apurement du passif foncier. « La question du foncier est comme une poudrière. Le jour où ça va éclater, ce sera très grave », a prédit Jacques Kientéga de la CADDL.

Concernant la sortie du ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, le 7 mai dernier, la coalition est revenue sur certains propos du ministre qui, pour elle, semblent être truffés « d’hypocrisie et de populisme ». Le ministre a déclaré qu’il est impossible de trouver des parcelles pour les 18 millions d’habitants du Burkina. La coalition a rappelé que des individus disposent de dizaines de parcelles acquises de façon douteuse, alors que d’autres cherchent une seule pour se loger. « Et pourquoi le ministre ne parle pas de ces gens-là ? », s’interroge Moussa Hermann Konkobo.

Porte-parole de la coalition Konkobo Hermane Moussa

Pour la coalition, les déclarations du ministre lors de sa sortie sont en nette contradiction avec ce qui se passe sur le terrain. Lorsque le ministre dit n’avoir pas autorisé des lotissements en dehors des communes qui sont à leur premier lotissement, la CADDL renvoie l’opinion à l’arrêté du 31 décembre 2018 portant autorisation de lotissement dans les communes de Saaba, Tanghin-Dassouri, Koubri, etc. Cette attitude du gouvernement, selon la coalition, montre à souhait que le pouvoir n’est pas près d’apporter de gré une solution au problème du logement.

La CADDL section Bogodogo, qui se dit victime de tracasseries juridico-policières incessantes, a saisi l’occasion de ce point de presse pour dénoncer et condamner « la campagne orchestrée par le ministre, avec le soutien de certaines associations », pour saboter leur marche-meeting. Malgré ces entraves, la coalition appelle ses militants à sortir pour réclamer le respect de leurs droits au logement.

Issoufou Ouédraogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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