Droit à la santé des populations clés: IPC/BF outille une quinzaine de journalistes burkinabè

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Une rencontre de sensibilisation et de plaidoyer à l’endroit d’une quinzaine de  professionnels de médias sur le droit à la santé des populations clés au Burkina s’est tenue le vendredi 11 octobre 2019 à Ouagadougou. Cet atelier a été organisé par L’ONG Initiative privée et communautaire pour la santé et la riposte au VIHSida au Burkina Faso (IPC/BF).

Dans le cadre du fonds mondial, L’IPC met en œuvre des activités  auprès  des populations clés qui sont les plus exposées au VIHSida de par leurs activités et  leur milieu de vie. Au Burkina Faso, les populations clés sont constituées de la population carcérale, des travailleurs de sexe, des hommes ayant des relations sexuelles  avec d’autres hommes (HSH), des  personnes handicapées et des  utilisateurs de drogue injectable.  Selon la dernière étude menée par l’organisation et qui  date de 2013, le  taux de prévalence du VIH Sida des HSH était de  2,9%  et de 0, 8% pour la population générale. 

 « On s’est rendu compte que dans nos interventions, il y a souvent beaucoup de malentendus. La notion par exemple des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes au Burkina suscite beaucoup d’interrogations de même qu’intervenir auprès des utilisateurs de drogue crée beaucoup de tensions parce que nous savons qu’au Burkina Faso, la détention ou l’usage des drogues est condamné» a déclaré Jaunasse Yaro, chargé de communication et de plaidoyer.  Cette rencontre avait donc pour  objectif d’imprégner  les professionnels de média sur les  activités menées sur le terrain en faveur de ces populations clés afin qu’à leur tour ils puissent porter l’information « juste » au niveau de la population.

Les activités qui sont mises en œuvre  par l’IPC sont, entre autres, des séances de développement des compétences de vie courante, des rencontres de proximité des HSH, des visites au profit des travailleurs de sexes, des séances de dépistages et de sensibilisation lors des événements sociaux. 

Comme difficultés rencontrées, M.Yaro a énuméré : la stigmatisation, l’inexistence de services adaptés aux populations clés et des difficultés d’interventions pour certaines cibles liées aux dispositions juridiques. Malgré ces difficultés, IPC BF entend intensifier les activités de promotion de la santé auprès des populations clé, rechercher des financements complémentaires pour couvrir les populations les plus vulnérables non prises en compte, contribuer à la création d’un environnement social et légal en faveur des populations clés etc.

En rappel, IPC/BF est une organisation non gouvernementale créée en 1994 et reconnue officiellement en 1998. Elle fait partie des premières organisations communautaires à intervenir dans le domaine de la lutte contre le Sida. IPC/BF n’est pas une organisation de mise en œuvre, mais elle est  plutôt axée sur le renforcement des compétences des organisations à base communautaire. « Dans le cadre des subventions que nous mettons en œuvre, nous recrutons des organisations qui sont sur le terrain. Nous menons des activités qui sont stratégiques en menant le plaidoyer au niveau national et on vient en appui surtout au secteur public notamment en ce qui concerne la lutte contre le Sida » a expliqué Jaunasse Yaro , chargé de communication et de plaidoyer de l’organisation.

Selon lui, leurs efforts ont porté fruit parce que de 7% de prévalence du Sida au début des années 1990,  aujourd’hui on note  0,8% de prévalence au sein de la population. C’est grâce à ces résultats qu’IPC/BF a élargi ses domaines d’intervention qui couvre désormais les autres aspects de la santé. Elle fait la promotion de la santé sexuelle et reproductive, celle de la santé maternelle et néo-natale ainsi que la promotion des droits humains.

 

 

Source : Fasozine.com

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