Drogue : « Au Burkina, c’est la folie ou la mort », prévient Ousséni Touré

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Drogue : « Au Burkina, c’est la folie ou la mort », prévient Ousséni Touré

Sous le prétexte de lutter contre les dures réalités, les multiples échecs, par mimétisme ou par effet de mode, des jeunes entrent dans le cercle infernal de consommation de stupéfiants ou autres produits dangereux aisément accessibles sur les établis des marchés ou à proximité des établissements d’enseignement.
Drogue, alcool, tabac ou médicaments de rue sont devenus de véritables fléaux qui menacent la société en provoquant une dépendance physique, psychique, extrêmement douloureuse à surmonter et entrainent une rapide dégradation de la santé et de la sociabilité chez les usagers.

« Les études menées par nos structures montrent une recrudescence de la consommation de toutes sortes de drogues et de nombreux produits apparentés dans les écoles et centres de formation du Burkina, sur les sites d’orpaillage et dans les quartiers populaires des grandes villes », explique Ousséni Touré, fondateur et administrateur général de l’ONG Sagle Taaba qui est engagée dans la lutte depuis maintenant deux décennies.

Il rappelle que même si le cannabis et les amphétamines étaient les drogues les plus utilisées au Burkina, on note de nos jours un marché d’héroïne et de cocaïne dans certains milieux de la capitale Ouagadougou et dans certaines grandes villes.
Selon les conférenciers, il y a urgence à agir, ce d’autant plus que la drogue est un fléau transversal qui contribue à accroitre les comportements déviants, les criminalités de toutes sortes, les taux d’infections au SIDA et autres maladies contagieuses en milieu jeune. A titre d’exemple, en 2004 au Burkina Faso, selon les chiffres de l’Office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la moitié des consommateurs d’héroïne venus suivre un traitement médical étaient infectés au VIH/SIDA.
« L’absence de réponse conséquente, d’information adaptée, d’éducation et de soutien risque sérieusement d’aggraver la situation et il faut reconnaitre que la seule répression ne peut endiguer le fléau », a précisé Ousséni Touré.

Drogue : « Au Burkina, c’est la folie ou la mort », prévient Ousséni TouréC’est donc pour combler ce manque que l’ONG Sagle Taaba avec ses partenaires, initie une campagne de sensibilisation intégrée drogue, VIH/SIDA et les IST. Elle s’étendra du 5 avril à la fin juin. Il faut élever des barrières pour que les jeunes et les enfants ne touchent même pas à la drogue et autres stupéfiants. Contrairement à certains pays qui ont des plateaux techniques de haut niveau pour la prise en charge des toxicomanes, le Burkina n’a pas ces moyens. Du coup, « c’est la folie, ou mort pour ceux qui en consomment », prévient Ousséni Touré.

Cette initiative de l’ONG Sagle Taaba s’inscrit dans la perspective d’impliquer tous les acteurs dans la lutte contre les maux sociaux (La folie, le grand banditisme, l’échec scolaire, la recrudescence de la grande criminalité) liés à la consommation des drogues.

Des établissements scolaires, universités et grandes écoles seront visités à Ouagadougou, à Bobo et à Ouahigouya. Du cinéma et du théâtre forum, des conférences publiques, des dépistages du SIDA, des causeries éducatives sont entre autres activités qui sont prévues. A la fin de chaque session dans un établissement, un club sera créé et servira de continuité dans la sensibilisation sur la thématique.
Les conférenciers ont déploré le manque de partenaires dans la lutte contre le phénomène. Au regard de l’importance de la thématique de la campagne de sensibilisation, ils auraient voulu aller au-delà des trois villes, pour couvrir plus l’ensemble du territoire ; tant les jeunes ont soif d’informations pour ne pas glisser dans la consommation des stupéfiants

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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