Drépanocytose : Un guide commun élaboré pour redonner le sourire aux malades

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Les malades de la drépanocytose dont la prévalence est estimée à 2% dont 70% de forme majeure au sein de la population pourront à présent être mieux suivis par tout le personnel de la santé et ce peu importe le niveau de la pyramide sanitaire à laquelle l’agent se trouve. Un ouf de soulagement pour les personnes atteintes de la maladie génétique la plus répandue dans le monde.

La lutte contre la drépanocytose, aussi appelée « maladie de la douleur », en raison des douleurs chroniques aiguës ou des graves infections bactériennes qu’elle engendre, est « un programme phare » de la coopération monégasque dans le cadre  de sa collaboration avec les six pays d’Afrique que sont le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Mauritanie et Madagascar.

La Principauté a procédé de par le passé à la construction, l’équipement et le fonctionnement de centres nationaux de référence (Mali, Niger Sénégal), au renforcement des compétences et la formation des personnels soignants, à travers la création d’un DU Drépanocytose. La conception  et la mise d’un guide harmonisé de prise en charge de ce mal, qui fait partie des hémoglobinopathies (maladies de l’hémoglobine, protéine constitutive des globules rouges chargés de fixer l’oxygène dans le sang),  pour tous les niveaux de la pyramide sanitaire est le dernier acte en date.

Le guide harmonisé, a commenté Seydou Diakité, consul honoraire  de la Principauté de Monaco au Burkina Faso, est le   « fruit d’un travail remarquable » depuis plusieurs années de médecins référents des six pays dont le Pr Kafando Eléanore, les docteurs Dembele Estelle et Somda Paulin du Burkina Faso. L’investissement et l’implication à fond pour faire aboutir le projet s’explique.  « Les personnes victimes de drépanocytose sont souvent victimes de stigmatisation et cette maladie à de graves conséquences socio-économiques sur les individus, les familles et les communautés ». Tel est le constat malheureux du consul Diakité qui dédie le guide à tous les drépanocytaires et leurs familles.

En effet, s’alarme Nicolas Meda, ministre de la santé, les hémoglobinopathies constituent un problème de santé publique préoccupant. Et pour cause, la mortalité liée aux complications reste « élevée » chez les enfants de moins de 5 ans. De même la « morbidité très importante et le fardeau psychosocial » font de la drépanocytose « une pathologie très lourde pour les personnes malades et les familles affectées ». Pour plus d’humanisme à l’endroit de ces malades, « le Burkina Faso (qui) avait une longueur d’avance » sur la problématique selon le ministre de la santé, a naturellement contribué avec le concours de médecins maliens, malgaches, mauritaniens, nigériens et sénégalais sous l’impulsion de la Principauté de Monaco pour l’élaboration du guide commun en vue d’optimiser la prise en charge de la drépanocytose.

Le consul honoraire a partagé la philosophie qui a prévalu à l’investissement dans son élaboration et sa vulgarisation à l’échelle des six pays concernés. « Chacun de nous a peut-être chez lui ou quelque part dans son voisinage un drépanocytaire mais c’est des malades qui ne sont pas souvent pris en compte dans nos politiques de santé ». Toujours dans l’optique d’aplanir les douleurs et de donner plus d’espoir aux malades, la construction d’un centre d’excellence au Burkina pour la prise en charge et le suivi des drépanocytaires est en étude.

Oui KOETA

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