Drame de Yirgou : Des OSC du Sahel dénoncent des lenteurs judiciaires

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Drame de Yirgou : Des OSC du Sahel dénoncent des lenteurs judiciaires

Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés, le MBDHP-Seno et la coordination des OSC du Sahel ont tenu une conférence de presse ce vendredi 14 juin 2019 à Dori. Cette rencontre avec les hommes de médias avait pour objectif d’exprimer leur impatience quant lenteurs observées dans les suites judiciaires du drame de Yirgou.

Aux premières heures de 2019, le Burkina Faso a enregistré un évènement douloureux, fragilisant le vivre ensemble. Ce fut le massacre de la communauté peule de Yirgou dans la commune de Barsalgho, région du Centre-Nord. Ce drame a fait plus de 210 morts et des milliers de déplacés internes. Le gouvernement avait annoncé 49 morts comme bilan de ce massacre. Au 6e mois de cette tragédie, les familles éplorées attendent toujours que justice soit faite.

La conférence de presse organisée par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation, le MBDHP-Seno et la coordination des OSC du Sahel veut dénoncer la lenteur de la justice dans ce dossier. En effet, selon les conférenciers, les Koglweogo, sous prétexte du suspicion de complicité des Peuls avec l’attaque terroriste qui a tué le chef du village de Yirgou ainsi que des membres de sa famille (assassinat que la coordination condamne), avaient lancé un mot d’ordre d’extermination de la communauté peule de Yirgou et des villages environnants.

Au lendemain de cette hécatombe, des actions, de protestations et de dénonciations eurent lieu dans plusieurs villes du Burkina. Des manifestations ont surtout été menées dans l’objectif de réclamer vérité et justice pour les nombreuses familles victimes du massacre. Six mois après les faits, les conférenciers dénoncent une mauvaise volonté de la part du gouvernement. Selon eux, jusque-là, la vérité n’a toujours pas éclaté malgré plusieurs interpellations.


Pour Dr Daouda Diallo, secrétaire général et porte-parole du CISC, sa structure a mené une enquête sur ce drame de Yirgou. L’enquête a révélé que ce sont 210 personnes qui ont été tuées au lieu de 49 comme annoncé par l’Etat. Il souligne que le gouvernement est attendu pour la mise à jour de ces données et également le traitement judiciaire diligent. Selon lui, il y a peu d’avancée connue du dossier. Il ajoute que l’enquête sur l’assassinat du chef du village de Yirgou est bouclée et le dossier transféré au tribunal militaire qui en aurait compétence.

Une avancée que les conférenciers louent. Pour ce qui concerne le massacre de Yirgou, à en croire Dr Boureima Barry, chargé de l’humanitaire et de la santé du CISC, près de 200 personnes ont été auditionnées, toutes des victimes et témoins, et environs 180 personnes suspectes identifiées et répertoriées par villages et jusque-là sans interpellation.

Le CISC s’indigne parce que selon lui, les Kolgweogo de Yirgou qui avaient perpétré les massacres continuent de faire comme un ratissage des survivants et témoins associés aux opérations militaires de sécurisation du territoire et de lutte contre le terrorisme dans la zone de Yirgou.


De l’avis de Hoeffi Abdoulaye Dicko, président du MBDHP-Seno et par ailleurs coordonnateur des OSC du Sahel pour la marche de Yirgou, c’est parce que le drame de Yirgou est resté impuni que le Burkina a connu celui de Arbinda dans la province du Soum. Il ajoute que Arbinda est la résultante de la mauvaise gestion de Yirgou.

De ce fait, il note que les autorités judiciaires et gouvernementales doivent prendre le problème avec tout le sérieux qui sied. La coordination rassure quant à sa mobilisation jusqu’à ce que justice soit rendue aux victimes de cette tuerie. Et en fonction de l’évolution de la situation, elle envisagera les actions futures à mener.

Daoula Bagnon

correspondant à Dori

Source : lefaso.net

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