Djibo (Burkina Faso) : Vivre en état d’urgence

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Djibo (Burkina Faso) : Vivre en état d’urgence

Comme 13 villes du Burkina Faso, Djibo chef lieu de la province du Soum région du Sahel vit en état d’urgence depuis quelques mois. A 19h 45 minutes, à un quart d’heure du couvre-feu, les rues sont sans âmes. Dans un nuage de poussière, les derniers riverains de la route regagnent leurs demeures. A la hâte.

Ici, les habitants font preuve d’une résilience à toute épreuve. L’on s’adapte à la nouvelle donne. Les quelques points chauds de la ville sont bondés de monde jusqu’aux dernières minutes avant l’entrée en vigueur du couvre-feu.

La fête de Tabaski a été vécue en deux volets. C’est toujours ainsi depuis des années. Une partie de la population a fêté hier 11 août. Une autre partie ( Soudou baba, les autochtones en langue peule) a fêté ce 12 août. Avec le même message, le retour de la paix et de la sécurité, dans cette province présentée comme celle d’où est partie cette insécurité tentaculaire : le terrorisme.

Les communautés chrétiennes étaient bel et bien là pour saluer les musulmans. « Que Dieu apaise les cœurs des bourreaux » soupire le catéchiste Marcel Kafando alors qu’il est venu saluer l’iman Cheick Abdoul Aziz Konfé qui a officié la prière du 11 août.

Ce dernier poursuit en ajoutant que rien ne pourra ébranler le vivre ensemble séculaire entre les différentes populations de différentes obédiences religieuses. Le vocabulaire est soigneusement choisi.

Loin des clichés, Djibo tente de se remettre. Les habitudes ont beaucoup changé. On parle très peu par là. A un inconnu, sur des sujets « sensibles », l’on répond en faisant l’ignorant. Zone rouge ? Peut-être. Mais pour Djibo, chaque jour est une vie. Et il ne faut pas s’en priver, dans certaines limites.

LeFaso.net

Source : lefaso.net

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