Discours sur la situation de la nation : Les réponses du Premier ministre aux questions des députés

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Discours sur la situation de la nation : Les réponses du Premier ministre aux questions des députés

Les réponses aux questions des parlementaires étaient-elles si difficiles à trouver ? En tout cas, le Premier ministre et son équipe ont mis plus de deux heures pour rassembler les réponses aux préoccupations des députés. Pourtant, il avait une heure pour le faire. A la question sur les mesures prises pour la sécurité dans le sahel, le Premier ministre a laissé entendre que des réflexions sont en cours pour adopter des stratégies plus efficaces. Pour l’instant, les restrictions de circulation à certaines heures sont toujours en cours. Au niveau des soupçons d’exactions des forces de défense et de sécurité (FDS), Paul Kaba Thieba est strict. L’armée burkinabè est professionnelle. Il assure que les FDS agissent sous le contrôle de l’Etat républicain, sous l’emprise de la loi. Pour lui, jamais on ne laissera les FDS utiliser des méthodes non conventionnelles, des mesures contraires aux droits de l’homme.

Au sujet de la police islamique de Pouytenga, Kaba Thieba confirme la dissolution de la structure promotrice. Il révèle même que les tenues ont été confisquées par la gendarmerie. Tout en appelant les polices de proximité à la collaboration, il rappelle que les dozos et les koglweogo n’ont pas le droit de rendre la justice. Celui qui enfreint à cette règle sera sanctionné conformément à la loi.

Les burkinabè de l’extérieur pourront-ils voter en 2020 ? Affirmatif, répond le Premier ministre. Pour lui, c’est un engagement du président du Faso et tous les moyens sont mis en œuvre pour que cela soit effectif. La création d’un ministère des burkinabè de l’extérieur répond à cette question.

Le Premier ministre rassure également que des dispositions sont prises pour rendre effective la fonction publique territoriale. Déjà, plus de 6 milliards 411 millions ont été débloqués comme des mesures temporaires. L’Etat a également consenti 1 milliard représentant 7 mois d’indemnités. Le transfert des ressources aux collectivités territoriales est aussi en cours. Ici aussi, plus de 44 milliards sont mobilisés. Des instructions fermes ont été données à tous les ministères pour assurer le transfert des compétences.

Les 30 et 31 octobre 2014, des entreprises ont été victimes de saccages et de vandalismes. Cela a occasionné une perte d’emplois pour 1126 personnes. Un comité tripartite a été mis en place et le gouvernement a débloqué 679 624 158 comme aide financière. L’aide matérielle est de l’ordre de 28 millions 268 mille. Au niveau des discussions avec les partenaires sociaux sur la rémunération des fonctionnaires, le Premier ministre a laissé entendre qu’une centrale syndicale s’est désistée sous prétexte qu’on doit inclure dans les discussions la richesse nationale.

Pour instaurer l’autorité de l’Etat, le gouvernement compte instituer une semaine nationale de la citoyenneté le 7 novembre prochain. Il est nécessaire selon lui de dynamiser l’enseignement du civisme. Le Premier ministre propose aussi une adoption de la chaine des valeurs sociales burkinabè. Une sensibilisation des parents d’élèves est aussi prévue.

Le financement du PNDES est à 93% du besoin exprimé à la conférence de Paris. Le financement du PNDES assure le Premier ministre, devrait être fait à 64% par les ressources propres. Au niveau des PPP (Partenariat Public Privé), le Premier ministre s’est voulu très clair. Ce n’est pas un endettement massif de l’Etat. Il insiste sur le fait que lorsqu’un bailleur de fonds vient le voir, si ça n’arrange pas le pays, il refuse automatiquement. Il a profité faire un cours aux députés sur les PPP. Il y a deux types de PPP selon lui. Les PPP avec préfinancement. C’est-à-dire que l’entrepreneur réalise les travaux et tend la facture à l’Etat. Le second, c’est le Bult operation transfert. Cela veut dire que l’investisseur réalise son activité avec ses propres ressources. Il l’exploite ensuite au bout d’un temps et le rétrocède à l’Etat. C‘est ce dernier type de PPP que le Burkina est prêt à suivre. Des contrats sont déjà envisagés dans le secteur des transports et de l’énergie.

216 écoles fermées, 24 434 élèves sans éducation, c’est la conséquence de l’insécurité au Nord et dans le sahel. La question de l’eau est en passe d’être résolue. L’eau du barrage de Ziga est à Ouagadougou. Seulement, des travaux pour la distribution de l’eau sont toujours en cours. En attendant, des pompes à motricité humaine ainsi que des pompes à injections seront mises en place pour les quartiers qui n’ont pas d’eau. S’il le faut, le gouvernement aura recours à des citernes pour servir les populations.

L’avancée à pas de tortue de l’aéroport de Donsin est due au manque de repreneurs. Le gouvernement est à la recherche d’un industriel, une entreprise qui a les moyens financiers. Les routes d’accès ont pris aussi un retard. Cela est dû au fait que l’entreprise qui avait la charge des travaux est tombée en panne dans son pays, le Portugal. Tout est en passe d’être résolu. Les chantiers des routes avancent. D’autres sont en phases d’études, certains sont au stade de lancement d’appel d’offres.

Enfin, la baisse de la production du coton est due à trois facteurs selon le Premier ministre. Il s’agit des attaques des chenilles légionnaires, des poches de sècheresse ainsi que la présence des oiseaux granivores. Le Premier ministre pense que le Burkina va se développer avec l’agriculture et l’élevage. Le gouvernement met tout en œuvre pour faire écouler les produits locaux. Pour preuve, pour ce qui est du riz local, l’Etat est le premier consommateur des riziculteurs. Le riz burkinabè est consommé dans les casernes, dans les maisons d’arrêt, dans les cantines scolaires. Le Premier ministre a foi que le Burkina va se développer car les indicateurs sont au vert en dépit des difficultés.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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