Discours sur la situation de la Nation: des députés se prononcent

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Ce jeudi 12 avril 2018, le chef du gouvernement Paul Kaba Thiéba, était face à la représentation nationale. Ce rendez-vous tenu face aux députés, était l’occasion pour le Premier Ministre de sacrifier à un exercice constitutionnel. Durant près de 5 heures, le Premier ministre  a fait le bilan des actions menées par son gouvernement, tout en abordant les perspectives. A l’issue de cet oral, quelques députés se sont prononcés au micro de Fasozine sur le contenu du discours.

Emmanuel Lankoandé, président du groupe parlementaire Burkindlim (Majorité) : « Nous avons assisté à un exercice constitutionnel intéressant car cela été un discours véritablement concret. Je dirai un discours de conviction et convaincant. En réalité, le Premier Ministre s’est attardé à faire le bilan annuel de la mise en œuvre du PNDES et en ce sens, je trouve que nous sommes véritablement satisfaits. En dépit, de l’adversité, du contexte actuel, nous avons vu qu’il y a des éléments positifs. Le pays avance et le pays se repositionne et c’est cela qui est intéressant. Je pense qu’il y a des sacrifices qui ont été faits, consentis de part et d’autre qu’il faut saluer. Nous devons nous réjouir. Année après année, brique après brique, je me rends compte que le mur du développement se construit ».

 

Tahirou Barry, député du groupe parlementaire UPC (Opposition) : « Je pense que le Premier Ministre a beaucoup parlé, mais il a fait preuve de très peu de franc parlé sur des questions essentielles de la Nation. Nous avons eu droit à une forme d’autosatisfaction alors que les attentes du peuple restent intactes en ce qui concerne l’emploi de la jeunesse, les questions de développement, de transformation structurelle de l’économie  au niveau du secteur agricole et industriel à travers sa transformation. Je pense qu’il a occulté un certain nombre d’éléments essentiels qui touchent à la vie de la Nation et c’est ce qui me parait assez regrettable ».

 

Moussa Zerbo, député du groupe parlementaire UPC (Opposition) : « Je trouve que le discours a été très long. En réalité, on pouvait le synthétiser en quelques mots. Tout ce qui a été dit, c’est du déjà entendu. Il n’y a pas d’éléments nouveaux fondamentalement. Nous nous attendions à ce qu’il y ait en tout cas des éléments plausibles qui pouvaient nous convaincre. C’est vrai qu’il y a eu des réalisations mais il n’y a pas eu une très grande différence entre le discours passé et celui d’aujourd’hui. Nous sommes restés sur notre soif. Néanmoins, nous l’avons trouvé quelque peu sincère dans ce qu’il dit. Il a voulu nous faire croire que les choses avancent alors, alors qu’en tant que représentants du peuple, nous voyons les difficultés que nos populations connaissent. Pour nous, la croissance doit se ressentir dans le vécu quotidien des Burkinabè, car en tant que citoyens, nous vivons les réalités que partagent nos populations. Nous ne sentons pas cette croissance-là véritablement.»

 

Ousseini Tamboura, député du groupe parlementaire MPP (Majorité) : « Nous avons écouté longuement le Premier Ministre sur son exercice constitutionnel, Je ne pourrai pas apprécier son discours en un seul mot. Je dois dire d’abord nous avons été impressionnés particulièrement par la deuxième partie de l’exposé oral. Dans cette deuxième partie, le Premier Ministre a montré surtout les performances de son gouvernement. Des performances liées aux investissements, spécifiquement sur la question des infrastructures, où il y a eu véritablement un grand effort. Je note également qu’il y a eu de grands efforts au niveau de l’éducation, notamment la construction de lycées et de blocs de classes. Je note aussi la constance de l’engagement du gouvernement sur les questions de santé. Il a maintenu le principe de la gratuité des soins, qui était la mesure phare du gouvernement en 2016. Au-delà de cela, j’ai également beaucoup apprécié la vision du Premier ministre, quant à l’action de son gouvernement sur les transformations structurelles. Ce qui veut dire qu’il n’est pas sur des questions ponctuelles. (…) Il a dit ensuite quelque chose d’important, l’un des défis c’est qu’en général, la ressource humaine burkinabè n’est pas qualifiée. Elle est diplômée certes, elle a des certificats, mais véritablement, les gens n’ont pas les qualifications dont l’économie a besoin. Donc il y a un besoin de réorienter les offres et les formations. Cela est  séduisant et montre une certaine responsabilité. Maintenant, il ne faut pas oublier que c’est un gouvernement issu d’une majorité et qui devra aussi faire la pédagogie  qui est d’écouter les ressentiments de la population, qui a aussi des besoins immédiats sur les questions diverses comme celle de l’eau (…) Il a aussi dit qu’il fallait qu’on lève les mesures sur les lotissements, parce que c’était une aspiration des Burkinabè à avoir un logement. Vous savez que le Burkinabè est culturellement attaché au lopin de terre, attaché à son logement. Globalement, nous sommes satisfaits de ce discours parce qu’il a dit ce qu’il est en train de faire, il a dit ce que le gouvernement a fait et c’est positif. Il a aussi cette oreille qui écoute les Burkinabè, en leur demandant un peu de patience car ce n’est pas en un an, en deux ans qu’on peut développer un pays, mais on peut le mettre sur les trajectoires de la croissance. Et je crois que ce discours est appréciable ».     

 

Fasozine