Diabète gestationnel

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Le Diabète gestationnel est un mal qui affecte les femmes enceintes et  dont la fréquence a tendance à augmenter au Burkina Faso, même s’il n’y a pas encore d’études qui l’attestent. En vue d’avoir plus d’informations sur ce fléau, Sidwaya a rencontré le Pr Blandine Bonané/Thieba, Gynécologue Obstétricien  Chef de  Département  de gynécologie obstétrique  au  CHUYO, par ailleurs,  Présidente de la  Société des gynécologues obstétriciens du Burkina Faso (SOGOB). Suivez  plutôt !
Sidwaya(S):Qu’est-ce que le diabète gestationnel ? 
Thieba Blandine(T.B): Le diabète gestationnel est un diabète  chez  une femme enceinte. C’est un trouble de la tolérance sucre conduisant l’augmentation du taux de sucre dans le sang appelée hyperglycémie  de sévérité variable, ayant débuté  ou été découvert pour la première fois pendant la grossesse quels que soient le traitement et l’évolution après l’accouchement.
Le diabète gestationnel  englobe en fait deux entités différentes qu’il convient de distinguer.
La première entité est un diabète patent, le plus souvent existant  avant la grossesse appelé diabète de type 2 (DT2), méconnu et découvert seulement à l’occasion de la grossesse.  Ce type de diabète  persistera après l’accouchement.
La deuxième entité est une anomalie de la tolérance au sucre   réellement apparue en cours de la grossesse, généralement à partir du quatrième mois  de la grossesse, et disparaissant, au moins temporairement, après l’accouchement 
S : Le diabète gestationnel est- il connu au Burkina Faso ?
T.B : Le diabète   est connu   des populations. Cependant, le diabète   gestationnel  n’est  connu que du personnel de santé  travaillant dans le domaine,  les médecins  sages-femmes et maïeuticiens et certains personnels de santé.
Les femmes chez  qui le diagnostic a été  fait le connaissent aussi.
S : Comment peut-on savoir qu’une femme a le diabète gestationnel ? 
T.B : On peut savoir  qu’une femme a le diabète gestationnel pendant la grossesse, par   la  découverte d‘une hyperglycémie, c’est-à-dire une augmentation du taux de sucre dans le sang. Un  contrôle doit être fait après le premier examen avant de poser le diagnostic. D’autres examens  devront par la suite être faits pour évaluer la gravité. 
S : A quelle période de la grossesse apparaît-il ?
T.B : Dès la première visite, c’est-à-dire au cours des 3 premiers mois   de la grossesse, chez les femmes ayant déjà un diabète, le diagnostic peut être fait. 
La deuxième  forme  de  diabète gestationnel que nous avons définie  apparait après les 3 premiers mois de la grossesse  à partir du 4eme mois de la grossesse au  deuxième trimestre. 
S : Quels sont les symptômes de ce mal ? Ce mal présente-t-il des signes ?
T.B : Les signes ne sont pas spécifiques.
 La femme enceinte peut présenter une fatigue, une prise exagérée  ou au contraire une perte importante de poids. 
L’anomalie de la tolérance au sucre  apparue en cours de grossesse.
Hypoglycémie: due à une baisse  importante du sucre dans le sang  avec des malaises avec sueurs  fréquentes, perte modérée de la conscience, particulièrement au cours des 3 premiers mois. 
Une infection urinaire  fréquente avec brûlures et douleurs lorsque l’on urine.
La survenue fréquente des pertes vaginales  épaisses comme du lait caillé, des démangeaisons. 
C’est  par  le bilan biologique  que le diagnostic est fait ; par conséquent   il peut ne pas y avoir de signes  sauf si le diabète  
s’aggrave. 
S : Le diabète gestationnel est-il transmissible de la mère au fœtus ?
T.B : Le  diabète gestationnel expose le fœtus à un risque majeur  d’obésité dans l’enfance.
 Des  études ont  démontré qu’un  fœtus  s’étant développé dans  un environnement avec un taux élevé de sucre  dans le sang maternel pouvait développer un  diabète ou un trouble  de régulation du sucre à l’âge adulte.
S : Peut-on éviter cette transmission de la mère au fœtus ? Si oui, quelles sont les précautions que les femmes enceintes doivent-elles prendre ?
T.B : Oui,  mais tout dépend du type de diabète. On pourrait éviter la survenue d’un diabète  gestationnel avec ou sans prédisposition héréditaire par une bonne hygiène alimentaire  sans trop de graisse et  de sucre, une activité physique régulière,  un suivi médical  et une surveillance de la grossesse  rigoureuse.
Pour le diabète de type 2   une prédisposition familiale   expose à sa survenue à l’âge adulte.
S : Quels sont les facteurs de risques de développement du diabète gestationnel ?
T.B : L’un des  facteurs de risques est  le surpoids et/ou l’obésité  avec un Indice de masse corporelle (IMC) rapport poids surface corporelle supérieur à 30 kg/m2,
Le fait d’avoir  déjà accouché  d’un enfant dont le poids est de 4kg et plus ou développé un diabète gestationnel lors d’une grossesse  antérieure, constituent des facteurs de risques de développement du diabète gestationnel. Il y a également le fait d’appartenir à une  famille de diabétique  ou un groupe  ethnique avec  une haute prévalence de diabète gestationnel.
S : Comment guérir ou éviter 
le diabète gestationnel ?
T.B :On pourrait éviter la survenue d’un diabète  gestationnel avec ou sans prédisposition héréditaire par une bonne hygiène alimentaire  sans trop de graisse et  de sucre, une activité physique régulière  et un suivi médical  et une surveillance de la grossesse  rigoureux 
S : Peut-on avoir une idée du nombre de femmes qui connaissent ce mal au Burkina Faso ?
T.B : Il est difficile de connaître exactement le nombre de femmes souffrant de ce mal.  
La  prévalence   est variable  de 0 à 13,9 % des  femmes enceintes.   Selon le mode  de vie urbaine ou rurale en sachant qu’en ville la prévalence est plus élevée qu’en zone rurale  du fait des habitudes de vie .
S : Quels conseils  pouvez-vous donner à la gent féminine par rapport à ce fléau ?
T.B : Il faut éviter la sédentarité : en zone rurale les femmes sont très actives et l’obésité n’y est pas  courante. Elles ont un travail physique  qui consomme  l’excès de graisse et de sucre consommé. 
 Il faut aussi faire attention au  régime alimentaire en  consommant  peu de féculents, de sucre  et de graisses.
Il faut faire du sport de façon régulière telle que la marche simple, la  course, le vélo et  l’aérobic. 
Il faut faire si possible un bilan médical annuel, un contrôle et un bilan selon son profil. 
Aissata BANGRE

sidwaya.bf