Délestage en 2016 : De fort à modéré, prévoit la SONABEL

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Le Burkina vient d’entrer dans la période de forte demande en énergie électrique avec son inséparable parent : le délestage. Cette année, la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) annonce un déficit de 110 mégawatts et des mesures pour atténuer les délestages, qui seront malheureusement présents.

François de Salle Ouédraogo, directeur général de la SONABEL, et ses collaborateurs ont annoncé en conférence de presse ce 4 mars 2016, que les Burkinabè auront besoin de 270 mégawatts pendant la période de mars à juin 2016. Dans la situation actuelle, la société ne peut offrir que 160 mégawatts.

Ceci expliquerait les coupures d’électricité que subissent principalement les habitants de Ouagadougou depuis le 20 février ? Non, répond le Directeur général. Cette situation est plutôt due, explique-t-il, à une « série de malheureux incidents enregistrés sur le réseau national interconnecté ». Quant aux récentes « perturbations », elles sont causées par « des interventions programmées sur le réseau ». Le délestage de la période de pointe reste donc à venir.

Pour y faire face, François de Salle Ouédraogo a annoncé des mesures conjoncturelles et structurelles. Concernant les premières précautions, qui ont un impact à court terme, elles visent à combler le déficit de 110 mégawatts.

Délestage en 2016 : De fort à modéré, prévoit la SONABEL

François de Salle Ouédraogo (à droite) et ses collaborateurs lors de la conférence de presse © Burkina24

La première mesure, en plus de la préparation des ouvrages, consiste à garantir l’approvisionnement continu des centrales de la SONABEL en combustible, afin d’éviter la situation qui est intervenue en 2015.

Le gouvernement a décidé également de louer des groupes électrogènes de 110 mégawatts. Ils seront en principe « disponibles courant avril 2016 ». La Côte d’Ivoire a garanti pour sa part une fourniture de 50 mégawatts, qui peut être étendue à 80 mégawatts.

Le Ghana (50 mégawatts) et le Togo (30 mégawatts) ont également accepté fournir de l’électricité au Burkina via les lignes de la Côte d’Ivoire. Une demande d’autorisation de transit d’énergie a été adressée à la partie ivoirienne « qui a promis d’étudier la faisabilité ».

Il y aura délestage

Avec toutes ces mesures, « la situation devrait être meilleure par rapport à l’an passé », juge François de Salle Ouédraogo. Mais les Burkinabè ne sortiront pas de l’auberge « délestage ». « Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il n’y ait pas de perturbations dans la fourniture de l’électricité », prévient le Directeur général.

Même si les groupes promis arrivent à temps et que le déficit de 110 mégawatts est comblé, dit-il, il faudra compter avec les pannes des machines. « On ne peut pas éviter les pannes (…). Ce n’est possible ! », assure-t-il, insistant alors sur la nécessité d’économiser l’énergie.

La SONABEL et le gouvernement pensent cependant à des mesures à long terme. Il s’agit des lignes d’interconnexion (le chantier de la ligne d’interconnexion de 100 mégawatts avec le Ghana a commencé en mi-janvier 2016 et doit finir en juillet 2017, les lignes Nigéria-Niger-Burkina et Ghana-Bobo-Mali) et de la construction de centrales thermiques (Ouaga Est de 100 Mégawatts et à Donsin de 210 mégwatts).

Enfin, « le gouvernement a décidé de s’orienter vers le solaire », assure François de Salle Ouédraogo, qui annonce qu’une structure est en cours de création pour s’occuper « exclusivement du solaire ».

Abdou ZOURE

Burkina24

Burkina24.com