Déguerpissement au marché de Sarfalao : Les femmes dans le désarroi, en attendant d’être dédommagées

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Déguerpissement au marché de Sarfalao : Les femmes dans le désarroi, en attendant d’être dédommagées

Le conseil de l’arrondissement 5 de la commune de Bobo-Dioulasso a procédé, ce mercredi 11 septembre 2019, au déguerpissement des commerçants du marché de Sarfalao, en vue de poursuivre les travaux de construction dudit marché. Cette opération n’est pas du goût des commerçants et commerçantes qui ont exprimé leur mécontentement à travers une marche.

L’affliction était totale ce mercredi matin au marché de Sarfalao, dans l’arrondissement 5 de Bobo-Dioulasso. Cela, suite au déguerpissement de plusieurs occupants des lieux. Nonobstant les multiples communiqués et avertissements leur intimant l’ordre de libérer les lieux, ces commerçants y étaient jusqu’à ce matin. Sous la menace du bulldozer qui terrassait les hangars, on tentait de sauver du matériel. Tous les hangars ont été détruits, « entraînant d’importantes pertes pour leurs propriétaires, inconsolables ». Selon la porte-parole des femmes, madame Sanou, certaines femmes qui se trouvaient sur le domaine ont tenté de s’opposer à l’opération. Elles ont été dispersées par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

Madame Sanou, porte-parole des femmes

En effet, la construction du marché de Sarfalao fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis quelques temps déjà. Les commerçants dudit marché ne sont pas contents de la manière dont le maire de l’arrondissement 5, Christophe Sanou, et son conseil veulent organiser sa construction, ni des conditions d’attribution des boutiques. Plusieurs fois, ils ont souligné qu’ils ne sont pas contre la construction de l’infrastructure, mais plutôt contre les conditions d’acquisition des hangars du futur marché. Selon les manifestants, les prix des hangars varient entre 475 000 et 6 000 000 de F CFA. Aussi, chaque commerçant devra verser 25% du prix de la boutique à son inscription sur la liste des demandeurs.


Les 75% restants devront être payés dans un délai de 18 mois. Ces conditions sont jugées inaccessibles pour les commerçants et commerçantes qui exerçaient au sein du marché. C’est pourquoi, ils avaient demandé au maire la révision des conditions d’acquisition des hangars. Par la voix de leur porte-parole, aucune femme dans ce marché ne peut réussir à réunir cette somme avant le délai défini par le maire. Ainsi, ils avaient jusqu’au 5 septembre 2019 pour déguerpir du marché. Le délai dépassé et n’ayant pas été respecté, le conseil a donc décidé de passer à la vitesse supérieure.

Alain Sanou, 4e adjoint au maire

Mama Sanou, porte-parole des femmes, a expliqué qu’elle était à la maison lorsqu’elle a appris que ce déguerpissement était en cours au marché. « Nous sommes venus trouver effectivement qu’ils sont en train de tout saccager », a-t-elle déploré. Avant d’ajouter : « Le marché, c’est notre tout. Nous les femmes, avec ce marché, nous nous battons pour emmener nos enfants à l’école. Si nous n’avons plus de place pour vendre aujourd’hui, nos enfants vont devenir quoi ? C’est pourquoi nous demandons au maire central d’intervenir. »


Pour protester contre cette situation, une délégation de commerçants a tenu à rencontrer le maire de la commune de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou. Le maire étant absent, la délégation a été reçue par son quatrième adjoint, Alain Sanou, qui déplore un manque de communication entre les commerçants et le conseil de l’arrondissement 5.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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