Décentralisation : Elus nationaux et élus locaux, en tandem pour sédimenter la démocratie locale burkinabè

19

Décentralisation : Elus nationaux et élus locaux, en tandem pour sédimenter la démocratie locale burkinabè

Depuis quelques années, plusieurs lois sur la décentralisation ont été adoptées par l’Assemblée nationale, mais leur mise en œuvre sur le terrain laisse à désirer. En effet, l’Etat burkinabè a transféré onze blocs de compétences aux collectivités territoriales. Mais jusque-là, aucun ministère n’a réellement accepté de transférer les ressources et les compétences aux collectivités. A titre d’exemples, le ministère de l’Education nationale continue à construire des écoles dans les communes, le ministère de l’Eau continue de construire des forages et autres ouvrages hydrauliques, le ministère de la Santé continue de construire des centres de santé. « Ça veut dire qu’ils sont en porte-à-faux total avec la loi qui a été votée. Donc, dorénavant, l’Assemblée nationale va veiller à ce que les lois qu’elle a votées soient effectivement appliquées sur le terrain et ça c’est notre rôle », a souligné Marc Zoungrana, le président du réseau des parlementaires pour la décentralisation et le développement local.

Décentralisation : Elus nationaux et élus locaux, en tandem pour sédimenter la démocratie locale burkinabè
La salle a refusé du monde

Ainsi, en concertation avec les faîtières des communes et régions du Burkina, « nous avons mis en place une feuille de route qui va nous permettre de propulser les questions de décentralisation au Burkina, notamment dans le cadre des transferts de compétences et de ressources qui constituent vraiment le nœud de la guerre », a précisé Marc Zoungrana. La convention de partenariat signée ce 14 novembre devrait permettre de mettre la pression sur le gouvernement pour une mise en œuvre effective des lois adoptées ainsi que les textes d’application qu’il a lui-même signés. « Dorénavant, vous allez nous voir sur le terrain et je pense que beaucoup de choses vont être faites d’ici la fin de notre mandat », a assuré Marc Zoungrana.

« Dans nos communes, nous souffrons de manque de ressources financières et humaines. Ce qui fait que nous avons du mal à mettre en œuvre nos projets de développement locaux. Avec la signature de cette convention, nous avons maintenant un œil qui va suivre l’action du gouvernement et faire en sorte que les textes de lois puissent être appliqués sur le terrain. Donc, nous ne pouvons que nous réjouir », a confié Armand Béouindé, le président de l’AMBF.

Par cette convention de partenariat, les deux parties s’accordent sur la nécessité de mettre en œuvre un plan stratégique commun visant à identifier, planifier, programmer, réaliser et évaluer des actions prioritaires, activités et actions pertinentes afin d’atteindre les résultats, impacts et effets escomptés en matière de renforcement continue de l’efficacité et de l’efficience de la décentralisation sur le développement économique et social. Elles s’accordent également à conduire dorénavant en tandem le plaidoyer stratégique au profit des collectivités et d’incruster dans l’opinion publique la plus grande visibilité possible et l’adhésion des citoyens autour des missions de service public et de sédimentation de la démocratie locale. Aussi, conviennent-elles de la création d’un cadre permanent de concertation et de prospectives entre le réseau des parlementaires pour la décentralisation et le développement local et les faîtières de développement local (AMBF et ARBF).

Décentralisation : Elus nationaux et élus locaux, en tandem pour sédimenter la démocratie locale burkinabè
Une photo de famille pour sceller ce partenariat

Cette convention de partenariat formalise ainsi les relations entre élus locaux et élus nationaux pour conduire le développement au Burkina Faso, à travers la décentralisation. Tout en souhaitant que ce partenariat puisse donner des « fruits comestibles par le peuple burkinabè », le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé a rassuré les représentants des faîtières des collectivités qu’elles pourront compter sur l’ensemble des parlementaires de notre pays.

« Au niveau de l’Assemblée nationale, nous allons faire un marquage serré au gouvernement pour que les actes puissent suivre les paroles. Et, nous avons des compétences pour cela », a-t-il lancé. Avant de rappeler : « Au niveau de l’Assemblée nationale, nous sommes en train de mettre des structures en place pour suivre les recommandations et les textes d’application des lois que nous adoptons parce qu’il ne suffit pas de voter les lois ». Mieux, dans ce cadre, il a annoncé la tenue courant premier trimestre 2018 d’une rencontre tripartite réunissant élus nationaux, élus locaux et gouvernement pour permettre de mieux se comprendre, pour le bonheur du peuple burkinabè.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Lefaso.net