Crise ivoirienne : Révélations et prédictions d’un ex-rebelle

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« La vraie histoire de la rébellion ivoirienne », c’est ce que Sanogo Ousmane Kader tient à raconter à la face du monde en le transcrivant dans un livre intitulé, « Histoire d’une guerre dévoyée par Kigbafory Soro », «  la difficile succession de Ado ». Il était face à la presse ce jeudi 27 avril à la rédaction du journal « Sidwaya » pour, dit-il, raconter toute la vérité sur cette crise qui a secoué l’Eburnie pendant des années. Il charge Guillaume Soro, accuse Blaise Compaoré et Kadhafi.

Sanogo Ousmane Kader, a été combattant de la rébellion ivoirienne en 2000. Il dit avoir été avec plusieurs autres compagnons aux côtés de Ibrahim Ouattara, un des chefs rebelles tué, le fer de lance de cette guerre.

Arrêté en 2004, il fait la prison jusqu’en 2006. A sa sortie après les accords de Marcousis, il intègre la présidence de la république de Côte d’Ivoire au poste de technicien en logistique à l’intendance, poste qu’il occupa jusqu’en 2011, avènement de Alassane Dramane Ouattara (ADO) au pouvoir. Il s’attendait à être nommé comme chef du service logistique où il a fait ses preuves sur le terrain. Lorsque Ibrahim Ouattara lui refuse ce poste, il démissionne et depuis, il fait de « petites affaires pour survivre dans cette jungle qu’est devenue la Côte d’Ivoire ». Telle est la description faite de l’auteur à la dernière page de couverture.

Voyant les choses poindre à l’horizon, notamment « la difficile succession de l’actuel président », il s’engage à dire toute la vérité sur la crise ivoirienne dans un livre qu’il met sur le marché. Il charge Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire et ex-rebelle.

« Il n’a jamais été le maître de la rébellion, c’est un usurpateur et en vérité, il déteste Alassane Ouattara. S’il a une arme en main et trouve Laurent Gbagbo et Alassane dans une même pièce, je vous jure qu’il tirera sur Alassane. Il a en réalité pris les armes pour s’enrichir. Il ne s’est pas arrêté là. A la longue,  il a monté une équipe pour dégager IB », a-t-il expliqué.

Le vrai chef de la rébellion, c’est IB et ses compagnons y compris lui-même, affirme Ousmane Sanogo. « J’ai entendu dire partout ailleurs en Afrique et en France que c’est Alassane qui a monté la rébellion. IB est parti avec tous ses secrets mais moi je vais dévoiler tous ses secrets au monde entier. Cette rébellion a été monté par nous-mêmes jeunes parce que nous voulions un changement », martèle-t-il.

Qui est à la base de la prise des armes des militaires contre le président Alassane ? s’est-il interrogé, avant de répondre : « tout le monde sait que c’est lui Soro ».

Son combat aujourd’hui, empêcher Guillaume Soro d’être à la tête de l’Etat un jour: « Cette révolution, nous l’avons menée et Soro l’a dévoyée. Nous ne voulons pas qu’il se retrouve à la tête de l’Etat. Il sera pire. Mon combat est contre Guillaume Soro. Je ne peux pas me taire et voir Soro renverser Alassane qui a été élu démocratiquement ».

Blaise Compaoré, dans le box des accusés

Pour en revenir à la rebellion, l’auteur affirme que l’ancien président Blaise Compaoré n’était pas loin du théâtre des opérations. Extrait de ses propos : 

« Alassane n’a pas donné un rond pour cette guerre. C’est IB qui a porté cette guerre avec l’aide de Blaise Compaoré et c’est Kadhaffi qui nous a financés. La France n’était pas au courant et le coup d’Etat de 1999, on l’a fait aussi sans l’aval de la France. On en avait marre d’un système pourri. Il fallait qu’on prenne un matin nos responsabilités. Le coup d’Etat on l’a fait avec IB avec Zaga Zaga Omar.

Les Français ont refusé que IB prenne les devants parce qu’il était un sergent chef. Il fallait un officier supérieur. Quand on est allé voir le général Coulibaly, il a pissé dans son pantalon en disant que nous voulons le livrer à la mort. Il nous a envoyés vers Palenfo, qui a refusé aussi et nous a renvoyés vers Guei, lui aussi a refusé. Et c’est là on a pris la femme de Guei en otage. On lui a dit dans 12 heures s’il n’est pas à Abidjan, on abat sa femme. C’est là qu’il est venu et il a pris le pouvoir ».

Mais que recherche en réalité Sanogo à travers ce livre ? Il répondra que :  « Je recherche la vérité ». Selon lui,  la plupart  des livres de ses prédécesseurs ont donné de fausses informations. 

« Il y a eu 4 personnes qui ont écrit sur la crise ivoirienne, dit-il.   Turise Koffi, Venance Konan, Blé Goudé et Guillaume Soro. Mais les quatre ont menti. D’abord, les trois premiers n’ont pas fait la guerre avec nous.  Guillaume Soro qui a fait la guerre avec nous a menti totalement sur tout ce qu’il a dit dans son roman ».

Le sieur Sanaogo dit être un  envoyé de Dieu. Il aurait eu des révélations  par un ange depuis 1983 qui prévoyaient toutes ces turbulences en Côte d’Ivoire. 

Révélations

« J’ai reçu ma spiritualité directement de l’ange Mory. L’ange Mory venant faire de moi le chargé de mission divine m’a dit ceci : (…)

Dieu imposera sa vérité sur le pays et cela sera difficile, donc il m’envoie te chercher pour une formation dans un autre monde et à ton retour tu vas travailler pour stabiliser ce pays. C’était précisément en octobre 1983.

Il va me dire, l’homme qui est le grand chef de ce pays, président de la république de la Côte d’ivoire,  Félix Houphouet Boigny va mourir dans dix ans.

Celui qui va succéder va faire 7 ans et va chuter, son pouvoir finira et c’est là que commencera ma mission (…).

L’ange Mory m’avait prévenu que mon école n’ira pas loin et que je suis prédestiné à travailler avec un homme : ADO ».

Ousmane Kader Sanogo

Il dit également avoir vu la chute de Henri Bédié, de Gbagbo et du président actuel Alassane Dramane Ouattara. « Ce qui m’a été révélé par Dieu, il est dit que ADO ne fera pas 10 ans, il fera 8 ans au pouvoir, raconte-t-il. Je ne suis pas un marabout, j’ai eu mes révélations par un Ange. Et c’est ce que je lui (ADO) ai dit. (…) Sa santé ne lui permettra même pas. Quand il est allé se soigner en Europe et il est revenu avec une canne qu’il a appelée la canne de l’émergence.

Je sais que sa succession sera très compliquée, c’est pourquoi j’ai écrit ce livre pour interpeller le monde et interpeller Ado aussi pour lui dire que seul Dieu peut l’aider dans sa succession».

Cependant il dit être prêt à se mettre à de la justice pour témoigner. « Je ne suis pas n’importe quel témoin parce que j’ai des preuves sur moi, je connais où se trouvent les charniers où on peut ouvrir et trouver 2000 corps  puisqu’on m’a amené enterrer des corps », dit-il. 

N’a-t-il pas peur en faisant de si graves révélations ? « Je ne vais pas avoir peur, me taire et voir une autre guerre en Côte d’Ivoire. Nous sommes à l’orée d’une guerre en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi j’interviens pour que ce massacre s’arrête». Telle est sa justification. 

Pour des raisons sécuritaires, le livre que l’auteur qualifie de roman témoignage n’a pu paraître en Côte d’Ivoire, dans son pays. Une première tentative d’édition au Mali a échoué et c’est finalement au Burkina Faso que le livre voit le jour  aux éditions « Sidwaya ». Il est disponible aux prix de 35 00 F CFA et 5  000 F CFA pour les autres pays.

Revelyn SOME

Burkina24

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