Crise au lycée de Tambogo : Que de temps perdu !

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Crise  au lycée  de Tambogo : Que de temps perdu !

Si les jours sont comptés pour les élèves en classe d’examen, il n’y a plus eu véritablement cours au lycée public de Tambogo, depuis le 19 avril 2017. A en croire le proviseur du lycée, Jean -Baptiste Ouédraogo, tout aurait commencé avec l’annulation de l’examen blanc par le conseil de classe du 20 mars 2017. ‘’L’ensemble du conseil a décidé de l’annulation des examens blancs au cours de cette rencontre. Nous avons pris acte qu’il n’y avait pas de liquidité pour tenir ces examens. Les professeurs ayant signifié qu’ils ne pouvaient pas faire le travail à crédit’’ a-t-il noté, soulignant que les professeurs avaient demandé la somme de 40 000 francs CFA pour leur prise en charge, 5000 francs pour toute proposition du sujet du BAC et 3500 francs pour chaque proposition du sujet du BEPC. Soit un budget total de 856 000 francs CFA. Notons que l’établissement compte 60 candidats pour le BEPC et 13 pour le BAC D.

Informés de cette décision à la rentrée du troisième trimestre, les élèves et leurs parents, notamment par le biais de l’association des parents d’élèves, demandèrent à l’administration de plaider auprès des professeurs, mais ce fut sans gain de cause. « Les professeurs sont restés sur leur position. Nous avons épuisé toutes nos ressources à faire fonctionner l’établissement, particulièrement à payer la vacation des professeurs. Nous ne disposions plus d’argent suffisant pour organiser l’examen blanc » a indiqué Jean-Baptiste Ouédraogo. Puis de poursuivre : « Avec le temps, l’annulation de l’examen était consommée, nous étions à une période où l’organisation des examens blancs ne serait plus bénéfique pour les élèves ».

‘’J’ai été séquestré’

Le 14 avril 2017, Jean-Baptiste Ouédraogo confie que les élèves ont d’abord manifesté pour réclamer l’organisation de l’examen blanc, mais dit-il : « je leur ai fait savoir que j’étais toujours dans la même situation d’incapacité de payer. C’est ainsi que le 19 avril, ils m’ont séquestré de 8h à 11h30, réclamant la tenue du BAC blanc. C’est grâce à une mission conduite par le haut-commissaire, que j’ai été libéré » a-t-il déclaré.

L’autorité ayant instruit la hiérarchie d’entreprendre les démarches pour résoudre cette crise, la direction provinciale de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DPENA) de Koupéla, a échangé avec les différents acteurs les 21, 24 et mardi 25 avril, mais « les professeurs ont refusé de faire le travail à crédit à la suite de la demande du DPENA » a-t-il souligné.

Ainsi, les élèves s’étant rendu compte qu’il n y’avait plus de possibilité pour la tenue des examens blancs, ont fini par se résigner, mais « ils ont exigé le remboursement immédiat de la cotisation spéciale. Il se trouvait qu’on avait déjà utilisé cet argent pour payer la vacation, étant donné qu’on s’imaginait que l’argent de la vacation pouvait tomber à tout moment, mais malheureusement et jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas le cas » a-t-il déploré. Il s’agit notamment de la sommede 478 500 francs CFA, soit 1500 francs / élève (Une cotisation d’environ de 200 élèves). [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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