Crise au CDP : Le groupe Mahamadi Kouanda « lève des zones d’ombre »

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Crise au CDP : Le groupe Mahamadi Kouanda « lève des zones d’ombre »

Plus rien ne va au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, ex-parti au pouvoir) au sein duquel, depuis quelques mois, des cadres reprochent au président du parti, une volonté de liquidation du CDP. Ce samedi, 13 juillet 2019 à Ouagadougou, le groupe de Mahamadi Lamine Kouanda a, au cours d’une conférence de presse, « levé certaines zones d’ombre » de la crise.

« Au stade où nous en sommes, il nous paraît important, et même nécessaire, d’éclairer davantage la lanterne des citoyens que certains de nos camarades tentent de berner par des propos mensongers et honteux », ont campé d’entrée de jeu, les conférenciers.

« L’heure de la vérité a sonné. (…). Le président Eddie Komboïgo et ses zélateurs tentent désespérément de se justifier par rapport au nombre pléthorique des membres du bureau politique national. Ils vont même jusqu’à dire que le choix de plus de 1000 personnes qui le composent a été une décision collective parce que personne n’aurait trouvé à redire. Quel mensonge ? La vérité est qu’au terme du VIIème congrès, tenu en mai 2018, la composition du bureau politique national n’a pas été révélée aux militants de façon nominale pour des questions de contrainte de temps. Toutefois, il convient de souligner qu’une résolution avait été prise lors du séminaire du Bureau exécutif national à la veille du congrès pour que tous les anciens membres des comités de base (sous-section, section, conseil national, bureau politique national, bureau exécutif national, qui sont restés fidèles au parti et qui se sont battus pour l’obtention de nos 18 députés, 18 mairies et un Conseil régional) soient maintenus à leur poste. Ce nombre étant de 422, mandat a été donné à la direction de compléter l’effectif afin que le nombre des membres du Bureau politique national soit porté à 600 », expose Césaire Ki, qui a livré la déclaration liminaire.

Quelques partisans du camp Kouanda à la conférence qui s’est tenue dans un hôtel huppé de la capitale

Selon les conférenciers, c’est à la surprise de ‘’tous’’ qu’à la rentrée politique du parti le 18 novembre 2018, la composition du bureau politique national a été dévoilée aux militants avec un effectif de plus de 1000 personnes. « Mais bien pire, 105 membres du bureau politique national coptés en 2015 et faisant partie des 422, ont été éjectés et remplacés par Eddie Komboïgo, par des parvenus dont certains font partie de ceux-là même qui ont incendié le siège du parti et les domiciles et biens de nos camarades en 2014 », a dévoilé le groupe, précisant qu’Eddie Komboïgo n’a pas voulu qu’il y ait débat autour de la préoccupation. Plusieurs responsables du parti auraient attiré l’attention sur la violation des textes (qui stipulent que le bureau politique national doit être composé de 600 personnes).

« Eddie Komboïgo n’a pas voulu entendre raison. Conséquence, toutes nos tentatives de le raisonner sont restées vaines. (…).Nous ne sommes pas contre sa personne, loin s’en faut, mais nous sommes farouchement opposés à la liquidation programmée du parti », explique le groupe avant de préciser que la voie qui leur restait était celle de la justice. « Et si nous l’avons fait, c’était à notre corps défendant », souligne-t-il. Mahamadi Lamine Kouanda reproche également au président Eddie Komboîgo, son manque de respect aux autres, même aux anciens présidents du parti.

« Si nous avions voulu liquider le parti, nous l’aurions déjà fait ; puisqu’il avait abandonné le navire CDP au moment du putsch manqué en septembre 2015, bien qu’il soit le premier responsable du parti et ce, pendant plus d’une année. Et Dieu merci, nous avons obtenu 18 députés, sans lui et sa bande de Facebookeurs et son valet Boubacar Sannou, lequel passait son temps à proclamer que son mentor est Salifou Diallo au lieu de battre campagne que nous avons menée sous la conduite de Juliette Bonkoungou et le leadership du président par intérim, Achille Tapsoba et du vice-président Aboubacar Sawadogo, sans oublier les directeurs provinciaux », retracent les conférenciers, pour qui, si M. Komboïgo a été réinstallé à la tête du parti après les évènements de septembre 2015, c’est par respect des textes du parti.

Mahamadi Kouanda

Mahamadi Lamine Kouanda et compagnie tiennent donc à la préservation de l’héritage du CDP « contre les imposteurs et les militants sans conviction ». Pour eux, si les précédents présidents s’étaient comportés comme Eddie Komboïgo, le CDP aurait déjà disparu.

Ils soutiennent que la crise qui secoue le CDP n’est nullement liée à une question de place que les anciens refuseraient de faire aux jeunes, comme tentent de le faire croire leurs détracteurs. « La crise est consécutive à la mal-gouvernance, à une gestion chaotique du parti par le président Eddie Komboïgo. Et au lieu d’avoir la décence et la clairvoyance de reconnaître ses faiblesses, il passe son temps à instrumentaliser des militants pour assouvir ses desseins inavoués et inavouables », ont-ils déclaré. Mahamadi Lamine Kouanda et ses camarades annoncent d’ailleurs d’autres recours en justice contre le président Eddie Komboïgo.

Néanmoins, confient-ils, Eddie Komboïgo peut encore se racheter, en faisant son mea-culpa, en respectant les engagements pris et en faisant du respect des textes du CDP, « son sacerdoce et la concertation, sa boussole ».

https://lefaso.net/spip.php?article90757
https://lefaso.net/spip.php?article90756

OL

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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