Crise à l’ONATEL : Sidi Mohamed Naimi laisse parler les chiffres

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Mercredi 25 juillet 2018, le Syndicat National des Télécommunications (SYNATEL) depuis la bourse du travail remettait en cause son leadership. A l’occasion d’une collecte de sang qui est devenue « une tradition » à l’ONATEL, le principal mis en cause donne sa version de ce qui s’y passe. Sidi Mohamed Naimi a préféré laisser parler les chiffres.

« L’ONATEL a perdu son dynamisme depuis l’arrivée de Maroc Telecom. (…) Mais le drame ne semble pas préoccuper le directeur », a chargé hier mercredi Souleymane So, secrétaire général du Syndicat national des télécommunications. Interpellé, Sidi Mohamed Naimi a réagi. Mais il a opté ne «  pas répondre à cette question de manière directe » mais en livrant « la réalité de L’ONATEL ».

30 milliards d’investissements en moyenne par année

Fin décembre 2006, l’entreprise d’Etat ONATEL passait sous le contrôle du nouvel actionnaire majoritaire Maroc Télécom qui entrait dans le capital avec 51% des actions entre ses mains pour devenir ONATEL Sa. Mi-avril 2018, les parts de Maroc Telecom augmentait de 10% après que le gouvernement a décidé de lui en vendre pour ne détenir à présent que 13% du capital. Cela fait cinq (05) ans qu’il est à la tête de l’opérateur de télécommunications avec pour « activité première » la téléphonie fixe. L’ONATEL, c’est  740 personnes « exactement » contre « moins de 450 » pour les deux autres opérateurs, selon les estimations de M. Naimi.

Avançant que « les investissements censés redonner de la valeur à l’entreprise sont constamment revus à la baisse », les conférenciers accusent le directeur général de ne pas être enclin à « allouer les moyens adéquats pour faire le travail ». Une accusation qu’il balaie  du revers de la main chiffres à l’appui.

« Nous investissons depuis 2007 plus de 30 milliards de F CFA en moyenne par année. Quand je dis 30 milliards, précise-t-il, c’est au niveau des investissements d’équipements. Sinon nous injectons dans l’économie 70 milliards de F CFA entre prestations ». Pour ce qui est de la couverture, « l’ONATEL a la plus grande couverture de réseau » avec une estimation à 93% de couverture du territoire national jugée « très importante».

12% du chiffre d’affaires dans la masse salariale

Les années 2008, 2011, 2013, 2016 et 2018 ont été marquées par des crises internes. Etaient-elles toutes axées autour et uniquement de revendications salariales ? De la revue de presse effectuée par son équipe dont il a pris connaissance, « c’est comme si la crise de 2016 n’a pas été résolue à aujourd’hui et qu’il reste tous les points en suspens » s’offusque le directeur général qui évalue l’augmentation des rémunérations octroyée à hauteur de 45%.

Malgré ce consentement à accéder aux revendications des employés – « la masse salariale sur le chiffre d’affaires de l’ONATEL (24 milliards en 2016 à 28 milliards en 2017) est de 12%. Dans le secteur, il est inférieur à 6% » – compare Mohamed Naimi. Cela témoigne selon lui de « l’efficacité du management de l’entreprise ».

De BBB- à BBB

L’opérateur de téléphonie, qui a franchi le seuil des sept (07) millions d’abonnés depuis 2016, est coté à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) d’Abidjan depuis avril 2009. L’agence de notation financière West Africa Rating Agency (WARA) a rehaussé la notation de long terme  de l’ONATEL de ’’BBB-’’ à ’’BBB’’ ce 09 juillet 2018. Quant à la notation de court terme, elle demeure de l’ordre ’’w-4’’.

« Tout cela, capitalise Sidi Mohamed Naimi, ce sont des prouesses, ce sont des exploits que le personnel de l’ONATEL a réalisés et je pense que c’est contraire, du moins, cela contredit tout ce qui a été écrit ce matin dans la presse ».

Oui KOETA

Burkina24

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